Auteur

Franck Thilliez

Contrairement aux idées reçues, plus on se remémore un souvenir, plus il se modifie et plus on s'éloigne de la vérité.
Jamais, jusqu'à présent, une poignée de gens et d'entreprises – Google, Apple, Facebook, Amazon… les GAFA – n'ont façonné à ce point les pensées d'un milliard de chimpanzés et guidé leurs choix. Les robots, les algorithmes vous envahissent. Le portable est devenu le prolongement de votre cerveau, que vous offrez sans contrôle à des bases de données. Je vous plains plus que je ne vous hais, pauvres chimpanzés, votre vie appartient désormais à Google et Facebook ! Votre existence est construite sur des « J'aime » et sans eux, vous avez l'impression de n'être rien.
La prétention des hommes à perfectionner la nature, au point de trouver les secrets ultimes du monde, et leur orgueil entrainent obligatoirement une forme de destruction collective. C'est ce que les anciens interprétaient comme la vengeance des dieux.
C'était ça qu'il supportait le moins dans les clapiers de banlieue, cet étouffement permanent, ce manque d'oxygène et cette lumière grise qui paraissait tout droit sortie d'un pot d'échappement.
La lumière attire aussi les ombres.
Vous pensez que Google cherche seulement à conquérir les pays ? Non, son territoire, son empire, ce sont vos cerveaux. Google possède la plus grande base de données mondiale sur le psychisme humain : vos quatre mille milliards de requêtes annuelles livrent tout de votre fonctionnement cognitif. Google vous connaît mieux que n'importe quel psychologue. Vous ne pourrez plus vous passer de lui. Google est la pire des drogues dures.
Vous pensez que Google cherche seulement à conquérir les pays ? Non, son territoire, son empire, ce sont vos cerveaux. Google possède la plus grande base de données mondiale sur le psychisme humain : vos quatre mille milliards de requêtes annuelles livrent tout de votre fonctionnement cognitif.
Google vous connaît mieux que n'importe quel psychologue. Vous ne pourrez plus vous passer de lui. Google est la pire des drogues dures.
Sais-tu combien de personnes inscrites sur Facebook meurent par minute ? Trois. Dans moins de cinq ans, les morts seront plus nombreux que les vivants sur ce réseau. Un vrai cimetière.
Sans savoir pourquoi, il songea à la floraison des bambous : il existe un moment où, partout à travers le monde et par un phénomène inexplicable, les bambous de la même espèce se mettent à fleurir, tous en même temps, parfois après cinq ou dix ans en dormance. Puis ils meurent. Son cœur fleurissait comme un bambou.
Le cerveau a horreur du vide, et comble en permanence pour que le souvenir puisse se formuler de façon logique. [...] Contrairement aux idées reçues, plus on se remémore un souvenir, plus il se modifie et plus on s'éloigne de la vérité.
Une photo de sa femme et de ses jumeaux entre les mains, il se dit que l'amour soignait souvent mieux que la médecine.
Audra serra son portable avec aigreur. Si seulement elle arrivait à s'en débarrasser, à oublier les réseaux sociaux qui, au lieu de créer des liens, isolaient les individus dans des bulles.
Tout semblait s'accélérer : les dérèglements climatiques, la folie humaine, la violence. L'homme et la nature paraissaient avoir atteint un point de rupture : c'était à présent un combat à l'issue duquel, peut-être, un seul finirait par subsister. Mais si la nature pouvait exister sans l'homme, l'inverse était faux.
La soif était un cri d'alarme perpétuel, une vague de feu qui vous embrasait la trachée, faisait doubler votre langue de volume et transformait chaque inspiration en un indescriptible calvaire. Ça n'avait ni début ni fin, ça ne se voyait pas. Elle était en vous, accrochée à vos cellules pour les priver, elles aussi, de leurs propres réserves d'eau. La soif vous consumait ainsi de l'intérieur.
Tous ces ordinateurs, cette technologie, et ces affaires résolues de plus en plus grâce aux machines ou aux fichiers... Il n'y comprenait plus grand-chose. Ça lui fichait le cafard. Quand il voyait tous ces jeunes, autour de lui, des gamins d'à peine la moitié de son âge, lui aussi se sentait obsolète, pareil au vieux Minitel remisé au fond du placard. En même temps, il plaignait ces mômes qui bientôt ne goûterait plus le sel de la traque comme lui l'avait connu dans ses jeunes années. Des flics version 2.0.
La lumière attire aussi les ombres...
Le diable se cache toujours dans les détails. T'as trouvé le détail. Reste plus qu'à dénicher le diable.
En fouillant sur internet, on pouvait même lire cette phrase, qui donnait une idée de la direction que prenait le monde : " Où étiez-vous hier et où irez-vous demain ? Google peut vous le dire." " Hier ", parce que chacun était tracé et que le passé appartenait au machine. " Demain ", parce que, en décortiquant les habitudes, les goûts et les comportements, les intelligences artificielles pouvaient anticiper toute action future.
On pouvait modifier des génomes ou inventer des machines toujours plus perfectionnées, mais on ne pouvait rien contre la colère de la nature. L'histoire de notre planète en témoignait, ainsi que celle des espèces qui avaient été balayées au fil des millénaires. Si l'homme allait trop loin, la nature saurait se débarrasser de lui.
Ce qui compte désormais, ce n'est pas que tu te contentes d'exister, mais que tu vives. Tu pourras faire ça pour moi à partir de maintenant ? Vivre ?
Aura se dit que tous les présidents étaient atteints d'Alzheimer quand il s'agissait de tenir leurs promesses de campagne.
Si tu cherches à cacher un cadavre, alors cache-le en page 2 des résultats d'une requête Google...
Y a un truc que j'ai compris avec Fabrice Chevalier, et en ce sens, il avait raison : si tu cherches à cacher un cadavre, alors cache-le en page 2 des résultats d'une requête Google.
En définitive, Facebook en savait dix fois plus sur un internaute face à un clavier qu'un graphologue décortiquant une lettre manuscrite.

Œuvres de Franck Thilliez

Angor (2014)Atomka (2012)Fractures (2009)Gataca (2011)Interview Le Point, par Julie Malaure, le 19/03/2020La Chambre des morts (2005)Le Syndrome E (2010)Le syndrome [E] (2010)Luca (2019)Pandemia (2015)Vertige (2011)