Vous pensez que Google cherche seulement à conquérir les pays ? Non, son territoire, son empire, ce sont vos cerveaux. Google possède la plus grande base de données mondiale sur le psychisme humain : vos quatre mille milliards de requêtes annuelles livrent tout de votre fonctionnement cognitif.

À lire aussi de Franck Thilliez

C'est un choix qu'il faut faire quand on veut écrire une fiction sur un virus. On se dit, quel virus ou bactérie choisir ? Et on penche d'abord pour Ebola, ou pour des maladies vraiment spectaculaires. Mais en discutant avec les chercheurs, il m'est venu qu'il fallait trouver quelque chose de plus pernicieux, qui se propage très vite mais sans tuer forcément les gens. C'est pour ça que j'ai choisi une grippe, avec une souche inconnue, et qui ressemble vraiment au Covid-19. Parce qu'il y a ce délai d'incubation extrêmement long qui fait que le virus peut se cacher dans l'organisme et, avec un taux de propagation très important, qu'il puisse se répandre considérablement parmi la population sans que le sujet soit au courant qu'il est infecté…
De tout temps, le fouet avait transformé les hommes. Il les anéantissait avant de les rendre plus forts, plus hargneux, plus combatifs.
On ne se remet pas jamais de la disparition des êtres chers, on vit juste sans eux en espérant combler les vides.
L'Homme, tel que nous le connaissons, est le pire virus de la planète. Il se reproduit, détruit, épuise ses propres réserves, sans aucun respect, sans stratégie de survie. Sans nous, cette planète cours à la catastrophe. Il faut des hommes purs, sélectionnés parmi les meilleurs, et éliminer le reste. Les microbes sont la solution.
Je voulais pouvoir raconter, par anticipation, toutes les conséquences économiques, sociales, humaines sur la propagation d'un virus. Plus on avance dans le livre et plus la situation se complexifie. Avec dix cas, on commence à fermer les crèches et les écoles, les gens doivent garder leurs enfants chez eux ! Et le problème se pose dans le livre en effet, comme aujourd'hui, avec les enfants du personnel hospitalier. Je parle de l'engorgement des structures. Toutes ces choses sont écrites. Je les ai lues, pour les retranscrire en fiction. On sait exactement que cela va générer ça.
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Dans la même œuvre

Les doigts glissaient sur les écrans de téléphone, les regards fuyaient, comme si chacun devait craindre l'autre. Tous ensemble, agglutinés, et pourtant si seuls dans leurs cavernes. Progressivement, les gens s'éloignaient les uns des autres, ne se touchaient plus, ne se parlaient plus, se rapprochaient des machines.
On pouvait modifier des génomes ou inventer des machines toujours plus perfectionnées, mais on ne pouvait rien contre la colère de la nature. L'histoire de notre planète en témoignait, ainsi que celle des espèces qui avaient été balayées au fil des millénaires. Si l'homme allait trop loin, la nature saurait se débarrasser de lui.
Tout ce qui tombait dans la marmite d'Internet y cuisait pour l'éternité.
C'est une image, mais la caverne de Platon, tu te rappelles? On nous montre que ce qu'on veut bien nous montrer. Et si on n'a pas la curiosité d'aller fouiner plus loin, on est prisonniers du système.
Une crue, c'était le résultat d'une nature en colère, d'une force implacable qui tirait, au cœur même de la civilisation, les sonnettes d'alarme. Le monstre sortait de ses gonds et détruisait, noyait, avalait, en réponse à l'inconséquence de l'homme. Une incursion vive, brutale , un hold-up dans le quotidien et l'intimité des gens, plus concrète que la fonte de la calotte glacière.