Il réapparut avant même de disparaître. La magie des gens pressés.
Auteur
Franck Thilliez
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Les psys savent blesser les gens mieux que quiconque, ils sont bien plus efficaces que la torture.
Lucie prit le carton imprimé qu'il lui tendit: Ce txete est là puor que norte cervaeu ne tardiut pas excatenment ce que viot norte oiel. Mias que, infulencé par son aqucis, ilreocnniat globaelmnet les mnots, sans se perocucper de l'odrre des letters.
On ne va pas chercher la chance. C'est elle qui vient vous prendre. Et elle vous quitte quand bon lui semble, creusant dans son sillage un grand trou dans lequel peuvent se glisser des démons odieux.
A trop effleurer le mal, on devient le mal.
La lumière est l'une des composantes nécessaires à la vie; sans elle, on s'éteint, on se dissocie. Je me rends compte à quel point la chaleur d'un rayon, d'un sourire, me manque.
Je déteste les glaciers, ils régurgitent les cadavres des alpinistes malheureux, les piègent de leurs crevasses, ils témoignent avec une rage millénaire, que la nature est une tueuse d'hommes.
On ne se remet pas jamais de la disparition des êtres chers, on vit juste sans eux en espérant combler les vides.
Il y a une phrase intéressante sur la liberté. L'on ne sait pas ce qu'elle représente, tant qu'on ne l'a pas perdue.
La liberté existe. Elle nous paraît inaccessible, c'est sans doute ce qui la rend si précieuse.
La misère n'empêche jamais à la vie d'abonder.
Les lapins courent plus vite que les renards simplement parce qu'ils courent pour survivre.
Il est souvent plus jouissif de rêver d'un objet que de le posséder.
Pourtant il faudrait aller travailler, se fondre dans la fourmilière, comme tous les jours, semaine après semaine. Gagner cette misère pour que la société vous donne votre denier de survie, vous donne le droit de vous nourrir ou de respirer.
L'espoir est ce qui nous fait avancer. Sans espoir, nous ne sommes rien.
Les mômes existent pour nous rappeler que les priorités ne sont pas toujours celles qu'on croit. Même si c'est parfois difficile, ils remettent de l'ordre dans nos existences.
J'ai toujours eu la conviction que les virus informatiques ou biologiques finiraient par détruire la quasi-totalité de l'espèce humaine.
On navigue tous à la surface d'un immense océan lorsqu'on va sur Internet. Parfois on s'enfonce de quelques mètres sous la surface de l'eau.
« Où étiez-vous hier et où irez-vous demain ? Google peut vous le dire. » « Hier », parce que chacun était tracé et que le passé appartenait aux machines. « Demain », parce que, en décortiquant les habitudes, les goûts et les comportements, les intelligences artificielles pouvaient anticiper toute action future.
Avant de plonger vers les abysses, il ferma les yeux. Son rituel. La découverte d'une scène de crime restait un moment intense dans la vie d'un flic, même après vingt-neuf ans de terrain. C'était la promesse malsaine d'une nouvelle traque, un shoot brutal d'héroïne dont on savait, à la longue, qu'il vous détruisait.
Les doigts glissaient sur les écrans de téléphone, les regards fuyaient, comme si chacun devait craindre l'autre. Tous ensemble, agglutinés, et pourtant si seuls dans leurs cavernes. Progressivement, les gens s'éloignaient les uns des autres, ne se touchaient plus, ne se parlaient plus, se rapprochaient des machines.
On pouvait modifier des génomes ou inventer des machines toujours plus perfectionnées, mais on ne pouvait rien contre la colère de la nature. L'histoire de notre planète en témoignait, ainsi que celle des espèces qui avaient été balayées au fil des millénaires. Si l'homme allait trop loin, la nature saurait se débarrasser de lui.
Tout ce qui tombait dans la marmite d'Internet y cuisait pour l'éternité.
C'est une image, mais la caverne de Platon, tu te rappelles? On nous montre que ce qu'on veut bien nous montrer. Et si on n'a pas la curiosité d'aller fouiner plus loin, on est prisonniers du système.
Une crue, c'était le résultat d'une nature en colère, d'une force implacable qui tirait, au cœur même de la civilisation, les sonnettes d'alarme. Le monstre sortait de ses gonds et détruisait, noyait, avalait, en réponse à l'inconséquence de l'homme. Une incursion vive, brutale , un hold-up dans le quotidien et l'intimité des gens, plus concrète que la fonte de la calotte glacière.