Tout ce qui tombait dans la marmite d'Internet y cuisait pour l'éternité.

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Virus inconnu signifiait deux choses : pas de parade possible du système immunitaire et, surtout pas de vaccin. Elle se rappelait le chaos créé pendant la pandémie Influenza H1N1 - la fameuse grippe mexicaine - de 2009. Là aussi, souche inconnue, jaillie du fin fond du Mexique, qui avait en quelques semaines fait le tour du monde.
Certains virus comme la grippe pouvaient vivre largement plus que vingt-quatre heures sur de l'inox. Les microbes se répandaient partout, transitaient d'un individu à l'autre, s'insinuaient dans les fosses nasales, arrivaient aux poumons, puis au sang. Rien ne pouvait les empêcher de se propager.
C'était ça qu'il supportait le moins dans les clapiers de banlieue, cet étouffement permanent, ce manque d'oxygène et cette lumière grise qui paraissait tout droit sortie d'un pot d'échappement.
La lumière attire aussi les ombres...
Ce n'est pas forcément l'agressivité du virus qui tue, c'est l'incertitude, couplée à la panique et à la peur qu'il engendre au sein des populations.
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Les doigts glissaient sur les écrans de téléphone, les regards fuyaient, comme si chacun devait craindre l'autre. Tous ensemble, agglutinés, et pourtant si seuls dans leurs cavernes. Progressivement, les gens s'éloignaient les uns des autres, ne se touchaient plus, ne se parlaient plus, se rapprochaient des machines.
On pouvait modifier des génomes ou inventer des machines toujours plus perfectionnées, mais on ne pouvait rien contre la colère de la nature. L'histoire de notre planète en témoignait, ainsi que celle des espèces qui avaient été balayées au fil des millénaires. Si l'homme allait trop loin, la nature saurait se débarrasser de lui.
C'est une image, mais la caverne de Platon, tu te rappelles? On nous montre que ce qu'on veut bien nous montrer. Et si on n'a pas la curiosité d'aller fouiner plus loin, on est prisonniers du système.
Une crue, c'était le résultat d'une nature en colère, d'une force implacable qui tirait, au cœur même de la civilisation, les sonnettes d'alarme. Le monstre sortait de ses gonds et détruisait, noyait, avalait, en réponse à l'inconséquence de l'homme. Une incursion vive, brutale , un hold-up dans le quotidien et l'intimité des gens, plus concrète que la fonte de la calotte glacière.
Contrairement aux idées reçues, plus on se remémore un souvenir, plus il se modifie et plus on s'éloigne de la vérité.