La prétention des hommes à perfectionner la nature, au point de trouver les secrets ultimes du monde, et leur orgueil entrainent obligatoirement une forme de destruction collective. C'est ce que les anciens interprétaient comme la vengeance des dieux.
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Contrairement aux idées reçues, plus on se remémore un souvenir, plus il se modifie et plus on s'éloigne de la vérité.
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Tout semblait s'accélérer : les dérèglements climatiques, la folie humaine, la violence. L'homme et la nature paraissaient avoir atteint un point de rupture : c'était à présent un combat à l'issue duquel, peut-être, un seul finirait par subsister. Mais si la nature pouvait exister sans l'homme, l'inverse était faux.
L'incertitude est notre pire ennemi en termes de microbes. On peut prédire la trajectoire d'un astéroïde, la durée d'une éclipse solaire, or une pandémie est imprévisible. Et complètement invisible. Elle n'abîme les infrastructures, les constructions, contrairement à une guerre. Elle ne s'attaque qu'à ce qui vit.
Le gouvernement sait très bien que la communication est à double tranchant. Si les gens prennent peur, c'est pire que s'ils tombent vraiment malades. D'un autre côté, s'ils ne se sentent pas concernés, ils ne prendront aucune précaution et le virus fera sa loi.
La soif était un cri d'alarme perpétuel, une vague de feu qui vous embrasait la trachée, faisait doubler votre langue de volume et transformait chaque inspiration en un indescriptible calvaire. Ça n'avait ni début ni fin, ça ne se voyait pas. Elle était en vous, accrochée à vos cellules pour les priver, elles aussi, de leurs propres réserves d'eau. La soif vous consumait ainsi de l'intérieur.
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Les doigts glissaient sur les écrans de téléphone, les regards fuyaient, comme si chacun devait craindre l'autre. Tous ensemble, agglutinés, et pourtant si seuls dans leurs cavernes. Progressivement, les gens s'éloignaient les uns des autres, ne se touchaient plus, ne se parlaient plus, se rapprochaient des machines.
On pouvait modifier des génomes ou inventer des machines toujours plus perfectionnées, mais on ne pouvait rien contre la colère de la nature. L'histoire de notre planète en témoignait, ainsi que celle des espèces qui avaient été balayées au fil des millénaires. Si l'homme allait trop loin, la nature saurait se débarrasser de lui.
Tout ce qui tombait dans la marmite d'Internet y cuisait pour l'éternité.
C'est une image, mais la caverne de Platon, tu te rappelles? On nous montre que ce qu'on veut bien nous montrer. Et si on n'a pas la curiosité d'aller fouiner plus loin, on est prisonniers du système.
Une crue, c'était le résultat d'une nature en colère, d'une force implacable qui tirait, au cœur même de la civilisation, les sonnettes d'alarme. Le monstre sortait de ses gonds et détruisait, noyait, avalait, en réponse à l'inconséquence de l'homme. Une incursion vive, brutale , un hold-up dans le quotidien et l'intimité des gens, plus concrète que la fonte de la calotte glacière.