De tout temps, le fouet avait transformé les hommes. Il les anéantissait avant de les rendre plus forts, plus hargneux, plus combatifs.

À lire aussi de Franck Thilliez

On ne se remet pas jamais de la disparition des êtres chers, on vit juste sans eux en espérant combler les vides.
Des gens toussaient. La plupart mettaient leur main devant la bouche, poliment, puis les posaient ensuite sur les barres, les sièges, les poignées de porte. Certains virus comme la grippe pouvaient vivre largement plus que vingt-quatre heures sur de l'inox. Les microbes se répandaient partout, transitaient d'un individu à l'autre, s'insinuaient dans les fosses nasales, arrivaient aux poumons, puis au sang. Rien ne pouvait les empêcher de se propager. Il y avait, rien que dans la rame, des millions de fois plus de micro-organismes que d'humains sur Terre.
Les lapins courent plus vite que les renards simplement parce qu'ils courent pour survivre.
Le gouvernement sait très bien que la communication est à double tranchant. Si les gens prennent peur, c'est pire que s'ils tombent vraiment malades. D'un autre côté, s'ils ne se sentent pas concernés, ils ne prendront aucune précaution et le virus fera sa loi.
La grippe n'est peut-être pas la plus destructrice, mais elle est d'une efficacité redoutable en ce qui concerne la propagation. Son délai d'incubation est très court, c'est une grande sportive. Rien qu'en France, on pourrait atteindre dix millions de malades. Parmi les personnes touchées, 99,9 % passeront une mauvaise semaine au lit. Rien de grave, mais cela va entraîner un absentéisme de plusieurs millions de journées de travail, ça va se chiffrer en millions d'euros. Je ne te parle pas de la désorganisation du système de santé, de l'engorgement des hôpitaux, des perturbations importantes de la vie sociale et économique, j'en passe. – Ce qui est important, aussi, en termes de vies humaines, c'est que 0,1 % des malades auront de graves symptômes respiratoires et mourront des complications. 0,1 %, ça semble ridicule, mais quand on ramène à des millions de malades, je te laisse faire le calcul.
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J'ai toujours eu la conviction que les virus informatiques ou biologiques finiraient par détruire la quasi-totalité de l'espèce humaine.
On navigue tous à la surface d'un immense océan lorsqu'on va sur Internet. Parfois on s'enfonce de quelques mètres sous la surface de l'eau.
L'homme, tel que nous le connaissons, est le pire virus de la planète. Il se reproduit, détruit, épuise ses propres réserves, sans aucun respect, sans stratégie de survie.
Virus et bactéries ont existé bien avant l'homme, et soyons-en-sûrs, ils lui survivront. Nous ne sommes que de passage sur cette terre. Une espèce parmi tant d'autres. Et pas la mieux adaptée.
Partout, autour de ces gens qui ont été contaminés le mercredi au restaurant, on a des cas secondaires. La famille, les proches, les amis. Le virus est un sprinter.