On ne se remet pas jamais de la disparition des êtres chers, on vit juste sans eux en espérant combler les vides.
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Sais-tu combien de personnes inscrites sur Facebook meurent par minute ? Trois. Dans moins de cinq ans, les morts seront plus nombreux que les vivants sur ce réseau. Un vrai cimetière.
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Je sais que nous comptons en France des chercheurs parmi les meilleurs du monde. Notre système de protection et d'alerte est extrêmement performant, on peut avoir confiance.
Je voulais raconter comment l'invisible, l'inconnu, fait peur. Comment les virus, d'une manière générale, peuvent faire peur. Et la désinformation est tout aussi terrible. J'évoque dans le livre un journaliste qui parle de H5N1 au lieu de H1N1. Il se trompe, ça arrive, mais de cette simple erreur naît une peur panique terrible, associée à une grippe tueuse. Tout devient incontrôlable. Et si je parle d'un journaliste, c'est parce que lorsque j'ai écrit ce livre, en 2015, les réseaux sociaux étaient loin d'être aussi puissants qu'aujourd'hui. Désormais, la question de l'information est un enjeu en lui-même.
C'était le problème des couples de flics. On ramenait sa crasse dans le foyer et on l'étalait partout sans même s'en rendre compte. C'était comme dormir avec son flingue.
C'est une image, mais la caverne de Platon, tu te rappelles? On nous montre que ce qu'on veut bien nous montrer. Et si on n'a pas la curiosité d'aller fouiner plus loin, on est prisonniers du système.
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Les doigts glissaient sur les écrans de téléphone, les regards fuyaient, comme si chacun devait craindre l'autre. Tous ensemble, agglutinés, et pourtant si seuls dans leurs cavernes. Progressivement, les gens s'éloignaient les uns des autres, ne se touchaient plus, ne se parlaient plus, se rapprochaient des machines.
On pouvait modifier des génomes ou inventer des machines toujours plus perfectionnées, mais on ne pouvait rien contre la colère de la nature. L'histoire de notre planète en témoignait, ainsi que celle des espèces qui avaient été balayées au fil des millénaires. Si l'homme allait trop loin, la nature saurait se débarrasser de lui.
Tout ce qui tombait dans la marmite d'Internet y cuisait pour l'éternité.
C'est une image, mais la caverne de Platon, tu te rappelles? On nous montre que ce qu'on veut bien nous montrer. Et si on n'a pas la curiosité d'aller fouiner plus loin, on est prisonniers du système.
Une crue, c'était le résultat d'une nature en colère, d'une force implacable qui tirait, au cœur même de la civilisation, les sonnettes d'alarme. Le monstre sortait de ses gonds et détruisait, noyait, avalait, en réponse à l'inconséquence de l'homme. Une incursion vive, brutale , un hold-up dans le quotidien et l'intimité des gens, plus concrète que la fonte de la calotte glacière.