L'Occident qui était perçu essentiellement comme le Chevalier de la Démocratie est désormais appréhendé comme le vecteur d'une politique pragmatique, souvent égoïste, voire cynique.
Auteur
Alexandre Issaïevitch Soljenitsyne
Mon attitude à l'égard de la mort est devenue tout à fait sereine. Je la perçois comme un jalon naturel, mais nullement définitif dans l'existence de la personnalité.
Quelqu'un que vous avez privé de tout n'est plus en votre pouvoir. Il est de nouveau entièrement libre.
Peu à peu, j'ai découvert que la ligne de partage entre le bien et le mal ne sépare ni les Etats ni les classes ni les partis, mais qu'elle traverse le coeur de chaque homme et de toute l'humanité.
L'international est une aberration, car inter signifie entre et entre les nations il n'y a aucune culture commune.
Pou qui se presse passe premier au peigne.
Le droit chemin, on l'a barré aux gens, mais ils ne perdent pas le nord : ils contournent la barrière, et ça leur permet de vivre.
Une des contraintes les plus assommantes de l'humanité, c'était que les hommes ne pouvaient pas se renouveler vers le milieu de leur vie en changeant radicalement d'occupation.
Tant qu'on peut encore respirer, après la pluie, sous un pommier, on peut encore vivre !
C'est que l'humanité tirait son prix, non pas de sa masse en perpétuelle multiplication, mais de ses élites qui arrivent à maturité.
Dans les camps et dans les prisons, Ivan Denissovitch s'était déshabitué de prévoir : pour aujourd'hui comme pour dans un an, et comme aussi pour faire vivre les siens. Les chefs s'en occupent à votre place autant de soucis en moins.
L'heure était venue pour Ephrem de crever ! Dit comme ça, avec rage, ça apportait même une sorte de soulagement : non pas mourir, mais crever...
Il parle une langue qui n'exige aucune tension d'esprit. Une discussion avec lui est un voyage à pied dans le désert.
Si durant des dizaines d'années d'affilée on ne permet pas de dire les choses comme elles sont, la cervelles des hommes se met à battre la campagne irrémédiablement et il devient plus facile de comprendre un martien que son propre concitoyen.
Qui va moucharder chez le Parrain s'en tire toujours avec la peau des autres.
Maintenant, pour la première fois, vous allez voir des gens qui ne sont pas des ennemis. Maintenant, pour la première fois, vous allez voir d'autres êtres vivants qui parcourent le même chemin que vous et que vous pouvez englober, avec vous, dans ce mot joyeux : NOUS.
Avant la chute d'une société, il y a une sage catégorie d'hommes qui pensent, qui pensent et ne font rien d'autre. Et que ne s'est-on pas gaussé d'eux !
Dans la vie de chaque homme, il y a un événement qui le détermine tout entier, détermine aussi bien son destin que ses convictions et ses passions.
Une patrie qui a trahi ses soldats, est-ce vraiment la Patrie ?
Les soldats dorment. - Ils ont dit ce qu'ils avaient à dire - \r\nEt pour l'éternité ils ont raison.
Je crois que là-bas dans l'Altaï, je vivrai dans la plus basse et la plus sombre des isbas à l'autre bout du village, à proximité de la forêt. Et alors j'irai dans la forêt, non pas pour ramasser du bois mort ou des champignons, mais comme ça, sans but, et j'étreindrai deux troncs d'arbre : mes amis ! je n'ai besoin de rien de plus !...
Les victoires sont nécessaires aux gouvernements, les défaites aux peuples. Après la victoire, on veut d'autres victoires encore ; après une défaite, on veut la liberté, et généralement on l'obtient. Les défaites sont nécessaires aux peuples comme les souffrances et les malheurs à l'individu ; ils vous obligent à approfondir votre vie intérieure, à vous élever spirituellement.
Notre univers n'est-il pas une cellule de condamnés à mort ?
Par bonheur, il se révéla que la guerre civile n'avait guère occasionné de dégâts aux centrales pénitentiaires ni aux prisons. Il fallait seulement, c'était indispensable, abandonner ces vieux mots souillés. On les appela isolateurs politiques : cette locution reconnaissait que les membres des anciens partis révolutionnaires étaient des ennemis politiques; elle signalait non le caractère punitif des barreaux, mais la nécessité (sans doute provisoire) de tenir ces révolutionnaires vieux jeu à l'écart de la marche conquérante de la nouvelle société.
Quand on est mort, c'est pour longtemps.
Œuvres de Alexandre Issaïevitch Soljenitsyne
Appel à la RésistanceCité par Edgar Morin dans Le paradigme perdu (1973).Courrier international n° 255, 21 au 27 septembre 1995.Discours prononcé à l'université de Harvard, 8 juin 1978.Interview accordée à l'hebdomadaire Der Spiegel, juillet 2007.L'archipel du Goulag (1973)L'erreur de l'Occident (1980)La main droiteLe Chêne et le Veau (1975)Le Cri. Le discours du prix Nobel - L'Express, septembre 1972.Le Pavillon des cancéreux (1968)Le monde après 1945Lors de la remise par le président Vladimir Poutine du Prix d'Etat Russe en 2007.Une journée d'Ivan Denissovitch (1962)Zacharie l'escarcelle (1971)