Œuvre

Interview accordée à l'hebdomadaire Der Spiegel, juillet 2007.

Lorsque j'étais dans les camps, il m'est arrivé d'écrire même pendant que je posais des pierres dans un chantier. Avec un bout de crayon, sur un lambeau de papier, à la fin je mémorisais le texte et je détruisais le support.
Je me rends bien compte du fait que les actes de contrition publics sont ce qu'il y a de plus inacceptable pour les hommes politiques.
Si nous étions à même de porter sur notre propre passé un regard lucide, nous nous serions débarrassés de la nostalgie par rapport au régime soviétique, nostalgie d'ailleurs souvent présente chez ceux qui ont le moins souffert.
L'Occident qui était perçu essentiellement comme le Chevalier de la Démocratie est désormais appréhendé comme le vecteur d'une politique pragmatique, souvent égoïste, voire cynique.
Mon attitude à l'égard de la mort est devenue tout à fait sereine. Je la perçois comme un jalon naturel, mais nullement définitif dans l'existence de la personnalité.