Auteur

Alexandre Issaïevitch Soljenitsyne

Un homme est heureux tant qu'il décide de l'être, et nul ne peut l'en empêcher.
Maintenant nous savons que l'infamie des méthodes se multiplie dans l'infamie des résultats.
Ce qui est trop clair n'est pas intéressant.
Nulle part, aucun régime n'a jamais aimé ses grands écrivains, seulement les petits.
La nature humaine, si elle évolue, ce n'est guère plus vite que le profil géologique de la terre.
Ici, les gars, la loi... c'est la taïga. Mais, même ici, on vit. Ceux qui ne font pas de vieux os, au camp, c'est les lèche-gamelles, c'est ceux qui comptent sur l'infirmerie, c'est ceux qui vont frapper à la porte du grand patron.
Le stalinisme n'a existé ni en théorie ni en pratique: on ne peut parler ni de phénomène stalinien, ni d'époque stalinienne, ces concepts ont été fabriqués après 1956 par la pensée occidentale de gauche pour garder les idéaux communistes.
A la fin de ma vie, je peux espérer que le matériel historique ... que j'ai collecté entrera dans les consciences et la mémoire de mes compatriotes.
Notre expérience nationale amère aidera, en cas de nouvelles conditions sociales instables, à nous prévenir d'échecs funestes.
Les oeuvres d'art qui ont cherché la vérité profonde et nous la présentent comme une force vivante s'emparent de nous et s'imposent à nous, et personne, jamais, même dans les âges à venir, ne pourra les réfuter.
Malheur au pays dont la littérature est menacée par l'intervention du pouvoir! Car il ne s'agit plus là seulement d'une violation du «droit d'écrire», c'est l'étouffement du coeur d'une nation, la destruction de sa mémoire.
Le monde est emporté par la conviction cynique que la force peut tout, la justice rien.
Partons du principe que l'artiste ne doit rien à personne. Néanmoins, il est pénible de voir comment, en se retirant dans sa tour d'ivoire ou dans le monde de ses fantasmes, il risque d'abandonner le monde réel aux mains de mercenaires.
Quand on a épousé le monde, on ne peut plus lui échapper. Un écrivain n'est pas le juge indifférent de ses compatriotes et de ses contemporains. Il est le complice de tout le mal commis dans son pays ou par ses compatriotes.
Je suis réconforté par le sentiment que la littérature mondiale est comme un seul coeur géant, qui bat au rythme des soucis et des drames de notre monde, même s'ils sont ressentis et exprimés différemment en ses quatre coins.
La littérature, un des instruments les plus sensibles de l'être humain, a été la première à détecter ce sentiment d'unité grandissante du monde et à le faire sien.
La violence trouve son seul refuge dans le mensonge, et le mensonge son seul soutien dans la violence. Tout homme qui a choisi la violence comme moyen doit inexorablement choisir le mensonge comme règle.
J'avais affronté leur idéologie, mais en marchant contre eux, c'était ma propre tête que je portais sous le bras.
Le vrai goût de la vie, on ne le trouve pas dans les grandes choses, mais dans les petites.
Les hommes à l'Ouest ont acquis une habileté considérable pour utiliser, interpréter et manipuler la loi, bien que paradoxalement les lois tendent à devenir bien trop compliquées à comprendre pour une personne moyenne sans l'aide d'un expert.
La défense des droits individuels a pris de telles proportions que la société en tant que telle est désormais sans défense contre les initiatives de quelques-uns. Il est temps, à l'Ouest, de défendre non pas tant les droits de l'homme que ses devoirs.
L'Occident a défendu avec succès, et même surabondamment, les droits de l'homme, mais l'homme a vu complètement s'étioler la conscience de sa responsabilité devant Dieu et la société.
Lorsque j'étais dans les camps, il m'est arrivé d'écrire même pendant que je posais des pierres dans un chantier. Avec un bout de crayon, sur un lambeau de papier, à la fin je mémorisais le texte et je détruisais le support.
Je me rends bien compte du fait que les actes de contrition publics sont ce qu'il y a de plus inacceptable pour les hommes politiques.
Si nous étions à même de porter sur notre propre passé un regard lucide, nous nous serions débarrassés de la nostalgie par rapport au régime soviétique, nostalgie d'ailleurs souvent présente chez ceux qui ont le moins souffert.

Œuvres de Alexandre Issaïevitch Soljenitsyne

Appel à la RésistanceCité par Edgar Morin dans Le paradigme perdu (1973).Courrier international n° 255, 21 au 27 septembre 1995.Discours prononcé à l'université de Harvard, 8 juin 1978.Interview accordée à l'hebdomadaire Der Spiegel, juillet 2007.L'archipel du Goulag (1973)L'erreur de l'Occident (1980)La main droiteLe Chêne et le Veau (1975)Le Cri. Le discours du prix Nobel - L'Express, septembre 1972.Le Pavillon des cancéreux (1968)Le monde après 1945Lors de la remise par le président Vladimir Poutine du Prix d'Etat Russe en 2007.Une journée d'Ivan Denissovitch (1962)Zacharie l'escarcelle (1971)