Œuvre
Je vis pas ma vie, je la rêve
Ceux qui ont peur de mourir, on souvent peur de vivre. Ils respirent prudemment en attendant la fin.
L'art permet cela, et c'est magnifique. Donner de la force et de l'espoir – alors que soi même, on doute parfois terriblement.
Ouvrir des fenêtres, écarter des carcans. C'est le plus beau rôle de l'artiste.
Ma devise: la vie est dure, il manquerait plus qu'elle soit molle.
Le jazz m'a formé. Il m'a ouvert les oreilles, et les portes du blues, du gospel ... De toutes les musiques.
Les enfants posent des questions que souvent les adultes ne se posent pas. Ou ne posent plus. Il arrive qu'on n'ait pas de réponse, mais leur curiosité ne s'étanche pas
On n'élève pas les enfants. On s'élève avec eux. On avance, on apprend.
Les enfants, c'est le devenir permanent. Le devenir de l'amour et de la vie.
La musique m'aide à ne pas être désespéré. Elle m'a rassuré. A fait sortir mes monstres. Elle m'a sauvé de tout.
C'est formidable d'être à la disposition de son destin. Sinon, que se passe-t-il ? Rien.
Se laisser guider par son instinct, suivre des chemins inconnus où tout devient important. Avoir le sentiment d'être de nouveau un enfant. Être curieux du monde et apprendre sans cesse. Tout a du sens quand on est comme cela, en voyage dans sa vie. Et qu'on s'est mis en route lorsqu'on était petit.
Même quand j'ai joué du rock dur, à l'époque de BBH, j'ai toujours continué de faire rire le public. D'ailleurs, quel que soit le type de concert que j'ai pu faire, ma cohérence est beaucoup venue de mon attitude en scène.
Dans son bureau, René Simon m'avait prédit : « Un jour, tu joueras les hérauts. » L'une des phrases les plus justes qu'on m'ait jamais dites. Héraut, pas héros. Héraut, celui qui va porter les messages à voix haute. Et regarde-moi: je monte sur scène pour parler, chanter...
Pourquoi mes chansons ont-elles toujours pris plus d'ampleur sur scène ? Parce que le public participe au spectacle. Il entre dans l'histoire, il l'écrit même en partie. S'il se déchaîne comme un océan, il fait de moi un bateau ivre, l'instrument d'une force qui me transcende, me mène à des états proches de la démence.
Dans la vie, je marche constamment sur un fil. A tout moment, je risque de tomber, mais sans cela le quotidien serait d'un ennui mortel. C'est pareil sur scène. J'aime ce qui n'est pas cadré, pas prévu à l'avance
Pour composer ou écrire, j'ai besoin d'être en mouvement, bouger, m'aérer. Que la vie circule en moi. Alors je peux sentir la musique ou les mots m'envahir. Je suis ailleurs, et en même temps, je suis là, dans une lueur. Je décolle sans me déplacer. J'adore ces moments-là. Je me sens vivant, ultra-vivant.
Un artiste ne doit pas se tenir à l'écart mais au milieu. Je ne suis pas le bouffon du roi, je suis le fou du peuple !
Il y a deux façons de faire ce métier. Se réfugier dans le star-système, le show-business, n'être là que pour la gloire, s'entourer de gardes du corps et ne se préoccuper que de sa carrière. Ou aller vers les gens, tenter de trouver les clés pour ouvrir les portes et les fenêtres qui donnent sur la joie de vivre, d'exister.
Le rôle d'un artiste, pour moi, c'est d'ensoleiller la vie, de la montrer sous un jour qui donne du courage. Les chanteurs, les poètes sont les amis des gens. Si on oublie ça, on n'a pas le droit d'être un artiste.
Ma vie est un grand terrain d'école buissonnière. Je puise çà et là, au gré des rencontres et de ce que la vie offre à mes yeux
Les artistes sont des plaques sensibles mettant en relation des choses qui n'en ont aucune. Je me sers de tout ce qui traîne sur la planète, de tout ce qui me tombe sous la main. Il faut vivre les choses pour les comprendre, et quand on les vit, on ne se les explique pas. Ce qui est fait est fait, ce qui est dit doit être fait, ce qui est fait était écrit.
Je veux tracer des traits d'union entre tous les points de suspension de la planète
La camarde [ la mort ], j'y pense tout le temps, depuis toujours. Après tout, la première chanson que j'ai écrite et composée, à la fin des années soixante, s'intitulait : « Je suis mort, qui dit mieux ? »