Auteur

Yann Moix

La solitude, ce n'est pas se retrouver seul ; c'est être soustrait à la compagnie d'un seul. C'est être seul après avoir été ensemble.
De la même manière qu'un amour achevé nous enferme dans le passé, jusqu'à nous abrutir de mélancolie, un amour qui s'ébauche nous projette dans l'avenir, jusqu'à nous abrutir d'espoir.
L'amour est improvisation : sans conséquences, ses actes n'ont d'autre lendemain qu'une envie de se revoir, de s'embrasser, de se caresser.
L'amour remet l'avenir à plus tard. Il est un inabîmable présent - une poussée qui recommence, un hoquet superbe et long, un divin bégaiement.
Ce qui empêche l'aveu, c'est généralement l'occasion de l'aveu.
L'amour, dit-on, est la seule chose qui vaille de naître. C'est la seule chose, symétriquement, qui nous abîme au point que nous voulons mourir.
J'adore avouer. C'est une passion. Je ne commets des fautes que pour le plaisir d'avoir à les avouer.
Ce n'est pas la torture qui torture, mais l'imminence perpétuelle et déçue de son interruption.
L'amour, c'est de l'infini qui se rétracte. Des asymptotes qui se recroquevillent. Des parallèles qui finissent par se croiser.
Aimer une femme, c'est aimer l'ensemble des variations autour de cette femme, ses avatars, ses versions plus ou moins fidèles.
Les géographies sont moins exotiques que l'imprévu. Ce ne sont pas les pays qui dépaysent, mais les événements. L'événement est toujours victorieux du monde. Il trahit les prévisions, assassine les théories. La réalité ne lui résiste jamais.
Naître, c'est précipiter les choses.
L'agressivité, c'est une nature. La violence, c'est un art.
On attend de l'amour beaucoup plus que ce que l'amour est fait pour donner.
On voudrait bien s'adorer jusqu'à la tombe, mais des événements viennent défaire les voeux, déraciner les promesse, abîmer l'espérance. On achète, dans l'amour qui naît, un futur qui ne veut jamais exister.
Je ne voulais pas me marier parce que le mariage c'est pour toute la vie, et que toute la vie pour t'aimer, me semblait un peu court. L'éternité serait un bon compromis.
Ce n'est pas le malheur qui nous ronge, mais le bonheur, qui ne cesse pas de ne jamais arriver. On a peur que le bonheur s'achève alors qu'il n'a pas commencé.
Posséder une femme magnifique, c'est vouloir posséder ce qu'elle possède et que nous ne possédons pas.
Les mots ne nous venaient à la bouche que pour modifier la couleur du silence.
Ce qui est exténuant, ce n'est pas que le pire soit toujours sûr, mais que le meilleur soit toujours incertain.
L'extrême fatigue est la meilleure longueur d'onde pour faire jaillir les vérités tues, les aveux empêchés. On ne devrait parler que dans cet état limite, où la force laisse à la faiblesse, le soin d'être plus forte qu'elle.
Je préfère le corps des femmes jeunes, c'est tout. Point. Un corps de femme de 25 ans, c'est extraordinaire. Le corps d'une femme de 50 ans n'est pas extraordinaire du tout.
Je vous dis la vérité. A 50 ans, je suis incapable d'aimer une femme de 50 ans. Je trouve ça trop vieux. Quand j'en aurai 60, j'en serai capable. 50 ans me paraîtra alors jeune
A 50 ans, je suis incapable d'aimer une femme de 50 ans. Je trouve ça trop vieux. Ce n'est pas une question de dégoût, mais ça ne me viendrait pas à l'idée. Elles sont invisibles. Je préfère le corps des femmes jeunes, c'est tout. Point. Un corps de femme de 25 ans, c'est extraordinaire. Le corps d'une femme de 50 ans n'est pas extraordinaire du tout.
Les femmes de 50 ans, il y en a qui sont merveilleusement belles – toutes les femmes sont belles à tout âge. Vraiment je ne veux pas qu'on pense que je suis dans la névrose du type qui ne regarde pas les femmes après un certain âge. C'est un problème personnel : ne pas pouvoir accepter son âge à soi. Mais j'accepte très bien l'âge des autres !

Œuvres de Yann Moix

Anissa Corto (2000)Cinquante ans dans la peau de Michael Jackson (2009)Dans Libération, le 27 août 2019France 2, On n'est pas couché, 29 août 2015Interview Paris Match, 10 janvier 2019 , propos recueillis par Caroline MangezInterview accordée au magazine Marie-Claire, Janvier 2019Interview accordée à Technikartmag, Janvier 2019 par Laurence Rémila & Louis-Henri de La RochefoucauldInterview sur France Culture, 2013, lors de la sortie de son livre Naissance.Jubilations vers le ciel (1996)La Meute (2010)Le 12 janvier 2019, sur le plateau des Terriens du samedi (C8)Naissance (2013)Orléans (2019)RompreSur le plateau d' \"On n'est pas couché\", le 12 janvier 2019Une simple lettre d' amour (2015)Une simple lettre d'amour (2015)