Auteur

Stefan Zweig

Toujours le succès efface les fautes aux yeux de la foule éternellement oublieuse.
Le calme est un élément créateur. Il rassemble, il purifie, il ordonne les forces intérieures.
N'a-t-on pas davantage les gens lorsqu'ils nous quittent ?
Mais la raison n'avait aucun pouvoir sur ma passion ardente ...
D'autres explorateurs pourront faire encore des découvertes de détail, qui complèteront l'image qu'on a du monde, mais sa forme fondamentale a été donnée par Magellan.
Le seul jeu qui appartienne à tous les peuples et à toutes les époques, et dont nul ne sait quel dieu l'a apporté sur terre pour tuer l'ennui, pour aiguiser l'esprit, pour stimuler l'âme. Où commence-t-il, où finit-il ?
Je trouvais plus honnête qu'une femme suivit librement et passionnément son instinct, au lieu comme c'est généralement le cas, de tromper son mari en fermant les yeux quand elle dort dans ces bras.
Ce ne sont pas les morts illustres qui font la valeur d'un pays. Ce sont les gens qui y vivent.
Oui, mon cher lieutenant, il faut savoir dominer sa pitié, sinon elle cause plus de dégâts que la pire indifférence.
Et puis, n'est-il pas diablement aisé, en fait, de se prendre pour un grand homme quand on ne soupçonne pas le moins du monde qu'un Rembrandt, un Beethoven, un Dante ou un Napoléon ont jamais existé ?
Car jamais une femme n'est plus honnête ni plus noble que quand elle cède librement et complètement à des sentiments qui ne trompent pas et que les années ont mis à l'épreuve, jamais une reine n'est plus royale que quand elle agit humainement.
Je t'attendais, je t'attendais toujours, comme, pendant toute ma destinée, j'ai attendu devant ta vie qui m'étais fermée.
Mais n'est ce pas déjà le limiter injurieusement que d'appeler les échecs un jeu ?
Encore aujourd'hui, comme le garçon ignorant que j'étais, je sens que je ne dois d'avantage à personne qu'à cet homme, ni à mon père ni à ma mère avant lui, ni à ma femme et à mes enfants, après lui, et que je n'ai aimé personne plus que lui.
Le souverain, à qui tout appartient, ne s'appartient pas.
Alors la pierre qui pèse sur mon âme sera soulevée, elle retombera de tout son poids sur le passé, et l'empêchera de resurgir encore une fois.
Mes enfants n'avaient pas besoin de moi, je ne m'intéressais pas à moi-même, et toute vie qui ne se voue pas à un but déterminé est une erreur.
C'est une morte qui te raconte sa vie, sa vie qui a été à toi, de sa première à sa dernière heure de conscience. N'aie pas peur de mes paroles : une morte ne réclame plus rien elle ne réclame ni amour, ni compassion, ni consolation.
Moi qui pour mon malheur ai toujours eu une curiosité passionnée pour les choses de l'esprit...
Tout y est vrai, seul y manque l'essentiel. Il me décrit, mais sans parvenir jusqu'à mon être. Il parle de moi sans révéler ce que je suis.
Car c'est bien connu, rien sur terre n'oppresse autant l'âme humaine que le néant.
Brusquement elle mesurait l'immense richesse de la vie et elle sut que plus une seule heure de son existence ne pourrait être pauvre et maintenant que tout allait vers sa fin, elle pressentait un commencement.
Mais plus mes relations avec lui devenaient étroites, plus je m'isolais du monde extérieur : en même temps que la chaleur de cette sphère intérieure, je partageais l'isolement glacial de son existence, totalement en marge.
Avec entêtement je poursuivais mon forage vers le noyau de feu que je croyais sentir, comme un volcan, sous le rocher de son silence.
A attendre, attendre et attendre, les pensées tournaient, tournaient dans votre tête, jusqu'à ce que les tempes vous fassent mal. Il n'arrivait toujours rien. On restait seul. Seul. Seul.

Œuvres de Stefan Zweig

AmerigoAmokClarissa (1992)Correspondance 1920-1931 (2005), Lettre à Victor Fleischer, 1926Correspondance 1932-1942Correspondance inéditeDestruction d'un coeur (1931)Erasme, Grandeur et décadence d' une idée (1935)Fragment d'une nouvelleFreudHistoire d'une déchéanceIvresse de la métamorphose (1984)Joseph Fouché (1930)L'amour d'Erika EwaldLa Confusion des sentiments (1927)La Peur (1925)La Pitié dangereuse (1939)La contrainteLa contrainte (1992)La ruelle au clair de lune