Mais n'est ce pas déjà le limiter injurieusement que d'appeler les échecs un jeu ?

À lire aussi de Stefan Zweig

Et je sais à nouveau que dans ce vaste monde - Le jour et la nuit ne résultent pas du seul flux des heures, - Mais qu'il y a des hommes qui sont tels le soleil, et devant - Qui les autres ne sont rien que des ombres...
La plupart des gens n'ont qu'une imagination émoussée. Ce qui ne les touche pas directement, en leur enfonçant comme un coin aigu en plein cerveau, n'arrive guère à les émouvoir.
La peur frappait maintenant comme un heurtoir hésitant contre chaque petit souvenir, pour trouver l'entrée des chambres secrètes de son coeur.
Aucune souffrance n'est plus sacrée que celle qui par pudeur n'ose pas se manifester.
Mais on ne peut pas se débarrasser de ce que nous appelons, d'une expression très incertaine, la conscience.
Toutes les citations de Stefan Zweig →

Dans la même œuvre

N'est-il pas diablement aisé, en fait, de se prendre pour un grand homme quand on ne soupçonne pas le moins du monde qu'un Rembrandt, un Beethoven, un Dante ou un Napoléon ont jamais existé?
Aux échecs, comme en amour, il faut un partenaire.
Vouloir jouer aux échecs avec soi-même est aussi paradoxal que de vouloir marcher sur son ombre.
On ne nous faisait rien - on nous laissait seulement en face du néant, car il est notoire qu'aucune chose au monde n'oppresse davantage l'âme humaine.
La passion de gagner, de vaincre, de me vaincre moi-même devenait peu à peu une sorte de fureur; je tremblais d'impatience, car l'un des deux adversaires que j'abritais était toujours trop lent au gré de l'autre.