Œuvre

La Confusion des sentiments (1927)

La véritable Angleterre, c'est Shakespeare et les Shakespeariens; tout ce qui précède n'est que préparation, tout ce qui suit n'est qu'une contrefaçon boiteuse de cet élan original et hardi vers l'infini.
(A propos d'un livre) - Tout y est vrai, seul y manque l'essentiel.
Il y a certaines paroles qui ne sont d'une vérité profonde qu'une seule fois.
... tout esprit vient du sang, toute pensée vient de la passion, toute passion de l'enthousiasme ...
La pause, elle aussi, fait partie de la musique.
Rien n'est plus passionné que la vénération d'un jeune homme, rien n'est plus timide, plus féminin, que son inquiète pudeur.
Celui qui n'est pas passionné devient tout au plus un pédagogue; c'est toujours par l'intérieur qu'il faut aller aux choses, toujours, toujours en partant de la passion.
Etant elle-même beauté, la jeunesse n'a pas besoin de sérénité: dans l'excès de ses forces vives, elle se laisse volontiers vampiriser par la mélancolie.
Nous vivons des myriades de secondes et, pourtant, il n'y en a jamais qu'une, une seule, qui met en ébulition tout notre monde intérieur: la seconde où la fleur interne, déjà abreuvée de tous les sucs, réalise comme un éclair sa cristallisation.
Aucune souffrance n'est plus sacrée que celle qui par pudeur n'ose pas se manifester.
Il n'y a pas d'intelligence philologique possible, si l'on ne pénètre pas la vie même; il n'y a pas d'étude grammaticale des textes sans la connaissance des valeurs.
Combien reste impénétrable dans chaque destinée le noyau véritable de l'être, la cellule plastique d'où jaillit toute croissance!
Etant elle-même beauté, la jeunesse n'a pas besoin de sérénité: dans l'excès de ses forces vives, elle aspire au tragique, et dans sa naïveté, elle se laisse volontiers vampiriser par la mélancolie.
L'homme qui sait n'éprouve pas de joie égale à celle qu'on trouve dans l'ombre, de frisson aussi puissant que celui que le danger glace et pour lui, aucune souffrance n'est plus sacrée que celle qui par pudeur n'ose pas se manifester.
On ne reconnaît jamais un phénomène, une individualité, qu'à sa flamme, qu'à sa passion. Car tout esprit vient du sang, toute pensée vient de la passion, toute passion de l'enthousiasme.
Mais la raison n'avait aucun pouvoir sur ma passion ardente ...
Encore aujourd'hui, comme le garçon ignorant que j'étais, je sens que je ne dois d'avantage à personne qu'à cet homme, ni à mon père ni à ma mère avant lui, ni à ma femme et à mes enfants, après lui, et que je n'ai aimé personne plus que lui.
Tout y est vrai, seul y manque l'essentiel. Il me décrit, mais sans parvenir jusqu'à mon être. Il parle de moi sans révéler ce que je suis.
Mais plus mes relations avec lui devenaient étroites, plus je m'isolais du monde extérieur : en même temps que la chaleur de cette sphère intérieure, je partageais l'isolement glacial de son existence, totalement en marge.
Avec entêtement je poursuivais mon forage vers le noyau de feu que je croyais sentir, comme un volcan, sous le rocher de son silence.
Nous vivons des myriades de secondes et pourtant, il n'y en a jamais qu'une, une seule, qui met en ébullition tout notre monde intérieur.
Il n'y a pas d'intelligence philologique possible, si l'on ne pénètre pas la vie même il n'y a pas d'étude grammaticale des textes sans la connaissance des valeurs.
La jeunesse a toujours raison ; qui l'écoute est sage.
Ma curiosité avait été enflammée jusqu'à la passion par le discours du professeur.
Je sentais que sa volonté se préparait à accueillir intérieurement cette suggestion, et tout à coup il s'écria : « Eh bien ! essayons. La jeunesse a toujours raison ; qui l'écoute est sage. »