Auteur

Stefan Zweig

Un homme rend à l'humanité le même service en se gardant intégralement qu'en se donnant tout entier; en protégeant son moi, il protège une parcelle passagère de vérité humaine contre le torrent de l'évolution.
Plus un individu vit avec son temps, plus il meurt avec lui. Plus un individu garde en lui de sa véritable essence, plus il reste de lui à la postérité.
On peut tout fuir, sauf sa conscience.
Mais on ne peut pas se débarrasser de ce que nous appelons, d'une expression très incertaine, la conscience.
Les bonnes nouvelles ne vont jamais sans les mauvaises, et dans la mesure où j'avance dans mon travail, tout le reste est accessoire.
Une fonction est toujours ce qu'en fait celui qui l'occupe.
Mais la raison et la politique suivent rarement le même chemin et ce sont peut-être ces occasions manquées qui donnent à l'histoire son caractère dramatique.
La vie est tellement plus belle que la littérature ! Je plains la littérature ! C'est une escroquerie !
Les fleurs disent ce que la bouche tait.
Mieux vaut être oublié que de devenir une marque de fabrique, mieux vaut être peu lu et peu reconnu, mais libre !
Comme il est rare de pouvoir écrire une lettre qui n'ait rien de commercial, de lire un livre qui ne soit pas un pensum, bref : je déteste tout ce qui est public et je ne regrette rien tant que d'avoir écrit sous mon nom : la vraie vie est la double vie.
Seul celui qui a vécu la maladie connaît tout le bonheur de l'homme en bonne santé, seul l'insomniaque connaît la douceur du sommeil retrouvé.
Tant qu'ils ne sont pas fin prêts, les despotes qui préparent la guerre n'ont que le mot de paix à la bouche.
Les contemporains d'une oeuvre ou d'un homme en perçoivent rarement d'emblée la grandeur.
La bonne leçon que l'on doit à un deuil est la suivante : vivre plus fortement, avec plus d'avidité, et se préserver de la luminosité du monde, qui arrête le regard.
Mais toute ombre, en dernier lieu, est pourtant aussi fille de la lumière et seul celui qui a connu la clarté et les ténèbres, la guerre et la paix, la grandeur et la décadence a vraiment vécu.
Ce qu'un homme durant son enfance, a pris dans son sang de l'air du temps ne saurait plus en être éliminé.
Les instants les plus grands sont toujours au-delà du temps.
La mode de chaque siècle, manifestant aux yeux l'orientation de son goût, en révèle aussi involontairement la morale.
Seul celui qui a appris de bonne heure à épanouir largement son âme est plus tard à même de saisir en lui le monde entier.
C'est toujours dans les lieux où on l'estime, où même on le surestime, que l'artiste se sent le plus à l'aise et le plus stimulé. C'est toujours dans les lieux où il devient essentiel à la vie de tout un peuple que l'art atteint son apogée.
Cela reste une loi inéluctable de l'histoire : elle défend précisément aux contemporains de reconnaître dès leurs premiers commencements les grands mouvements qui déterminent leur époque.
J'ai trente ans et je n'ai encore rien pu réaliser de ce que je souhaitais. Toujours embauché, débauché, et chaque mois, je vieillis d'une année. Je n'ai rien vu du monde, rien obtenu de la vie si ce n'est cet espoir : cela viendra, c'est le commencement.
La véritable Angleterre c'est Shakespeare et les Shakespeariens ; tout ce qui précède n'est que préparation, tout ce qui suit n'est qu'une contrefaçon boiteuse de cet élan original et hardi vers l'infini.
La peur frappait maintenant comme un heurtoir hésitant contre chaque petit souvenir, pour trouver l'entrée des chambres secrètes de son coeur.

Œuvres de Stefan Zweig

AmerigoAmokClarissa (1992)Correspondance 1920-1931 (2005), Lettre à Victor Fleischer, 1926Correspondance 1932-1942Correspondance inéditeDestruction d'un coeur (1931)Erasme, Grandeur et décadence d' une idée (1935)Fragment d'une nouvelleFreudHistoire d'une déchéanceIvresse de la métamorphose (1984)Joseph Fouché (1930)L'amour d'Erika EwaldLa Confusion des sentiments (1927)La Peur (1925)La Pitié dangereuse (1939)La contrainteLa contrainte (1992)La ruelle au clair de lune