Auteur

Stefan Zweig

La peur est pire que la punition, car cette dernière est précise importante ou minime, elle est toujours préférable à la tension horrible et diffuse de l'incertitude.
Nous vivons des myriades de secondes et pourtant, il n'y en a jamais qu'une, une seule, qui met en ébullition tout notre monde intérieur.
Les hommes qui mènent une vie étroite sont toujours curieux de toutes les nouveautés qui passent devant leur porte.
Toujours la nuit excite l'imagination et enivre l'espoir du doux poison des rêves.
L'animal, qui ne maîtrise pas la parole, est obligé de concentrer toute son expression dans sa pupille.
Il n'y a pas d'intelligence philologique possible, si l'on ne pénètre pas la vie même il n'y a pas d'étude grammaticale des textes sans la connaissance des valeurs.
L'absence d'action masque toujours une lâcheté de l'âme.
Les adages sont une forme ouverte : on peut ajouter ce que l'on veut, là où on le veut. Ce sera la même chose plus tard dans les Essais de Montaigne.
Je regardais là-haut, toujours là-haut : là il y avait de la lumière, là était la maison, là tu étais, toi mon univers.
Aucune faute n'est oubliée tant que la conscience s'en souvient.
La jeunesse a toujours raison ; qui l'écoute est sage.
Montaigne a fait la tentative la plus difficile qui soit sur terre : vivre par soi-même, être libre et le devenir toujours plus.
Dès ma prime jeunesse, rien n'avait été plus fort en moi que le voeu intime de demeurer libre et indépendant.
Quand j'ouvrais les yeux dans l'obscurité et que je te sentais à mon côté, je m'étonnais que les étoiles ne fussent pas au-dessus de ma tête, tellement le ciel me semblait proche dans l'ombre, j'ai pleuré de bonheur.
Vouloir jouer aux échecs contre soi-même, est donc aussi paradoxal que de vouloir marcher sur son ombre.
Il ne faut pas beaucoup de bonne volonté (et vous avez une bonne volonté étonnante, ajouta-t-elle en souriant légèrement) pour découvrir dans chaque crime une passion et, grâce à cette passion, une excuse.
J'aurais presque crié, tellement me faisait mal cette lame d'acier chauffée à blanc qui pénétrait en moi, toujours plus implacable.
Qui éprouve de vifs sentiments observe peu. Les gens heureux sont de mauvais psychologues. Seul l'individu inquiet aiguise ses sens au maximum. L'instinct du danger lui insuffle une perspicacité qui dépasse de loin celle qui lui est naturelle.
Toute ma vie, depuis que je suis sortie de l'enfance, a-t-elle été autre chose qu'une attente, l'attente de ta volonté ?
Et s'ils s'embrassaient, ce n'était que du regard.
Vous avez parfaitement raison la vérité à demi ne vaut rien, il la faut tout entière.
Ma curiosité avait été enflammée jusqu'à la passion par le discours du professeur.
Mais quel instant inoubliable que celui où je me retrouvai dans mon enfer, enfin seul, et cependant en cette précieuse compagnie.
Qui ne se sent pas un homme en effet aime inconsciemment à le paraître, et qui sait sa faiblesse intime fait volontiers étalage de force
L'inactivité ne peut que mener à la mélancolie, et cette mélancolie à son tour à une forme de haine envers cette gaieté provocante et épuisante pour tout être normal.

Œuvres de Stefan Zweig

AmerigoAmokClarissa (1992)Correspondance 1920-1931 (2005), Lettre à Victor Fleischer, 1926Correspondance 1932-1942Correspondance inéditeDestruction d'un coeur (1931)Erasme, Grandeur et décadence d' une idée (1935)Fragment d'une nouvelleFreudHistoire d'une déchéanceIvresse de la métamorphose (1984)Joseph Fouché (1930)L'amour d'Erika EwaldLa Confusion des sentiments (1927)La Peur (1925)La Pitié dangereuse (1939)La contrainteLa contrainte (1992)La ruelle au clair de lune