Auteur

René Barjavel

Les enfants sont des sages.
Les routes vers Dieu sont perdues. Dieu n'est plus accessible qu'aux aventuriers.
Je le répète: j'avais les moyens de donner à l'humanité la chance de se survivre. J'ai mis ces moyens en oeuvre. Saurez-vous profiter de cette chance et qu'en ferez-vous? C'est votre affaire, ce n'est plus la mienne. Et je dois dire que cela m'est égal...
Je te regarde, et quand je ne te regarde pas je pense à toi, et quand je ne pense pas à toi, je suis morte...
Eût-elle vécu milles années, elle n'avait plus rien de semblable à connaître.
Elle poussa de joie et de douleur le dernier cri de vie de la Terre, et il sut, avant de devenir torche, qu'il avait trouvé, et que le diable l'avait eu.
Sous cette brume empoisonnée par leurs fatigues d'hier, des millions d'hommes s'éveillent, déjà exténués d'aujourd'hui.
Pendant ces quelques secondes, il n'y aurait pas eu assez d'horreur dans le monde pour emplir ton coeur.
Te montrer à l'univers, le temps d'un éclair, puis m'enfermer avec toi, seul, et te regarder pendant l'éternité.
Elle va mourir parce que nous ne la comprenons pas. Elle meurt de faim, et nous la laissons mourir parce que nous ne la comprenons pas quand elle nous dit avec quoi nous pourrions la nourrir.
Rien qu'une nuit... Et quand tu te réveilleras, je serais mort depuis si longtemps que tu n'auras plus de peine.
J'aurais pu crier la vérité, crier le nom de Païkan, tu aurais su avant de mourir qu'il était près de toi, que vous mouriez ensemble comme tu l'avais souhaité. Mais quels regrets atroces, alors que vous pouviez vivre.
Un adulte n'est qu'un enfant qui a commencé a pourrir.
Je t'écris cette lettre et je vais la brûler pour que tu la reçoives à travers les distances et les murailles.
J'ai acquis l'immortalité. Et elle est contagieuse.
Dans notre paradis, aucun fruit ne peut naître. Mais nos fleurs sont immortelles.
Mais parce que personne n'est obligé à rien, chacun se sent obligé envers tous.
L'acharnement du malheur eut raison de l'acharnement du courage.
Méfie-toi toujours des imbéciles, ils sont plus dangereux que les loups.
Il valait mieux se conduire comme un troupeau de brebis que comme un tas de cailloux. Et qui sait? Pourquoi pas? peut-être quelqu'un, là-haut, entendrait leurs bêlements et interviendrait...
L'imagination, c'est de la mémoire passée à la moulinette et reconstituée en puzzles différents. Un être humain qui aurait été élevé uniquement dans du rouge, derrière des vitres rouges, ne pourrait jamais imaginer le bleu.
Tout être vivant normalement constitué n'est qu'un organe de reproduction.
Les individus vivants, milliards d'hommes, de mouches ou de pissenlits, ne sont que des véhicules. La vie se fait porter par eux à travers le temps et l'espace.
Un dé à coudre empli de tourbillons de rien: c'est l'humanité.
Tant qu'on a essayé de combattre la peste avec des mots latins, elle a tranquillement dévoré l'humanité.

Œuvres de René Barjavel

Colomb de la luneDans France-Soir Magazine, 13 octobre 1984Demain le paradisJournal d'un homme simpleL'EnchanteurL'Enchanteur (1984)La Charette bleue (1981)La Faim du tigre (1966)La Nuit des temps (1968)La TempêteLa charrette bleueLa charrette bleue (1980)La faim du tigreLe Grand Secret (1973)Le Prince blessé (1974)Le Voyageur imprudent (1944)Le diable l'emporte (1948)Les Chemins de Katmandou (1969)Les Dames à la licorne (1974)Les Enfants de l' ombre (1946)