Auteur

René Barjavel

Comme la mort, la guerre est un phénomène biologique.
Si Dieu avait eu besoin d'être adoré, il n'eût créé que des chiens. Le chien est bien plus apte que l'homme à l'amour.
Si Dieu est partout, la porte qui s'ouvre sur lui est partout. La rose, le petit chat, les étoiles du matin. Mais la porte la plus proche de l'homme, c'est l'homme.
Vivre les malheurs à l'avance, c'est les subir deux fois.
J'admirai avec quelle pureté, à travers mille siècles, les traditions de la guerre s'étaient conservées.
Toutes les religions du monde nous racontent, à des détails près, la même histoire, comme si l'humanité toute entière avait bénéficié, à un moment de son existence, de la même connaissance et des mêmes certitudes.
Il y avait lui et elle, tout le reste n'était rien.
Le seul voyage qui compte est celui qu'on fait sans bouger, à l'intérieur de soi-même.
Les douces courbes innombrables qui font d'un corps de femme, pour l'homme qui en est amoureux, un paysage qu'il n'en finit pas de découvrir et que chaque mouvement rend nouveau comme au jour de la création.
La «réalité» matérielle n'était qu'un théâtre infini d'illusions, mais la beauté de ces illusions était réelle.
Un pommier de Normandie, au printemps, se fait l'amour par cent mille fleurs. Comment peut-on croire que les plantes n'ont pas de sensibilité quand elles expriment d'une façon si fantastique la plus grande joie du monde?
Parce que personne n'est obligé à rien, chacun se sent obligé envers tous.
Faites ou ne faites pas, mais dans la vérité.
Le sourire appartient aux enfants, et aux hommes qui leur ressemblent.
Pour ceux dont l'esprit est occupé de choses d'importance, sourire est du temps perdu.
Une seule chose compte, une seule chose est belle: l'effort.
Lorsque les hommes s'en détournent, ils perdent la joie d'exister, car il ne savent plus ce qu'ils sont, ni pourquoi ils sont. Ils cessent d'être vivants, ils sont seulement en vie.
La raison rétrécit la vie, comme l'eau rétrécit les tricots de laine, si bien qu'on s'y sent coincé et on ne peut plus lever les bras.
Ce n'est pas attraper qui compte, dit le pêcheur, c'est essayer.
Si nous laissons intervenir nos nations, avec leur idiotie séculaire, leurs généraux, leurs ministres et leurs espions, tout est foutu.
Le silence était comme un buvard dans lequel on avait peur d'entendre les mots s'enfoncer et disparaître.
Il serait peut-être bon, il serait peut-être temps de se demander si la perfection n'est pas dans l'enfance, si l'adulte n'est pas qu'un enfant qui a commencé à pourrir...
A un militaire, si haut que soit son grade, s'offre toujours l'apaisement de la discipline.
La pitié peut être indifférente ou même accompagner la haine. La compassion réclame une sorte d'amour.
Le présent n'existe pas. Vouloir l'éterniser, c'était éterniser le néant.

Œuvres de René Barjavel

Colomb de la luneDans France-Soir Magazine, 13 octobre 1984Demain le paradisJournal d'un homme simpleL'EnchanteurL'Enchanteur (1984)La Charette bleue (1981)La Faim du tigre (1966)La Nuit des temps (1968)La TempêteLa charrette bleueLa charrette bleue (1980)La faim du tigreLe Grand Secret (1973)Le Prince blessé (1974)Le Voyageur imprudent (1944)Le diable l'emporte (1948)Les Chemins de Katmandou (1969)Les Dames à la licorne (1974)Les Enfants de l' ombre (1946)