Œuvre

La Nuit des temps (1968)

Sous cette brume empoisonnée par leurs fatigues d'hier, des millions d'hommes s'éveillent, déjà exténués d'aujourd'hui.
Pendant ces quelques secondes, il n'y aurait pas eu assez d'horreur dans le monde pour emplir ton coeur.
Te montrer à l'univers, le temps d'un éclair, puis m'enfermer avec toi, seul, et te regarder pendant l'éternité.
Elle va mourir parce que nous ne la comprenons pas. Elle meurt de faim, et nous la laissons mourir parce que nous ne la comprenons pas quand elle nous dit avec quoi nous pourrions la nourrir.
Rien qu'une nuit... Et quand tu te réveilleras, je serais mort depuis si longtemps que tu n'auras plus de peine.
J'aurais pu crier la vérité, crier le nom de Païkan, tu aurais su avant de mourir qu'il était près de toi, que vous mouriez ensemble comme tu l'avais souhaité. Mais quels regrets atroces, alors que vous pouviez vivre.
Un adulte n'est qu'un enfant qui a commencé a pourrir.
Vivre les malheurs à l'avance, c'est les subir deux fois.
Si nous laissons intervenir nos nations, avec leur idiotie séculaire, leurs généraux, leurs ministres et leurs espions, tout est foutu.
Le silence était comme un buvard dans lequel on avait peur d'entendre les mots s'enfoncer et disparaître.
Il serait peut-être bon, il serait peut-être temps de se demander si la perfection n'est pas dans l'enfance, si l'adulte n'est pas qu'un enfant qui a commencé à pourrir...
A un militaire, si haut que soit son grade, s'offre toujours l'apaisement de la discipline.
La pitié peut être indifférente ou même accompagner la haine. La compassion réclame une sorte d'amour.
Mais il serait peut-être bon, il serait peut-être temps de se demander si la perfection n'est pas dans l'enfance, si l'adulte n'est pas qu'un enfant qui a déjà commencé à pourrir.
Ce que nous savons de l'histoire des hommes et de l'évolution de la vie sur terre, dit Simon, n'est pas plus gros qu'une crotte de puce sur la place de la Concorde.
En psychothérapie on préfère le choc qui nettoie au mensonge qui empoisonne.
Et nous savons déjà au moins une chose, c'est que l'homme est merveilleux, et que les hommes sont pitoyables.
Ils montaient dans la nuit et la paix, vers le ciel étoilé, ils oubliaient la Terre et ses horreurs absurdes. Ils étaient ensemble, ils étaient bien, chaque instant de bonheur était une éternité.
Ses paupières sont gonflées, le blanc de ses yeux est strié de rouge. Il ne peut plus dormir, il ne peut plus pleurer, il ne peut pas oublier, c'est impossible...
Ce monde qui n'est pas le tien est devenu un monde faux, dans lequel ma place n'a jamais existé. Journal de Simon.
Vivre les malheurs à l'avance, c'est les subir deux fois.
Comment auraient-ils pu savoir qu'ils commettaient une erreur tragique, que s'ils avaient choisi, au contraire, de commencer par l'homme tout aurait été différent ?
Les pentes de ses hanches étaient comme celles de la dune la plus aimée du vent de sable qui a mis un siècle à la construire de sa caresse.
Sur toutes les frontières, à mesure que se levaient les barrières douanières, des barrières policières les remplaçaient.
Il est deux choses qui subsisteront sur terre, tant qu'il y aura des humains : l'amour et la guerre !