Œuvre
Dans France-Soir Magazine, 13 octobre 1984
L'amour, tel que nous le voyons trop répandu, accapare, s'approprie. Son vocabulaire le dit bien : Je te veux Je te prends Tu es à moi. Alors que l'amour tel que je le conçois est un don...
Pour moi, l'amour est une attitude envers tout ce qui existe. Il commence par l'amour que l'on porte aux objets. Non par goût de la propriété, mais par respect de ce qu'ils représentent.
Une des premières leçons à donner aux enfants est de leur apprendre à aimer leurs objets, c'est-à-dire à les respecter. Car on leur enseigne en même temps à aimer et à respecter les humains.
L'amour n'est pas l'attachement ; celui-ci n'est qu'un sentiment de possession, alors que l'amour doit être détaché. Ce n'est pas aimer l'autre que de le vouloir ligoté.
L'important n'est pas de prendre des poissons mais d'essayer de les attraper !
Pour moi, rien n'est plus beau qu'un couple épanoui. L'homme et la femme qui réussissent ce prodige créent, ensemble, un troisième être qui dépasse chacun d'entre eux et qui les relie à l'harmonie du monde.
L'amour des premières années de la vie est peut-être plus important que tout. Il vous donne une foi dans le bonheur que l'on garde sans doute toujours.
Il ne suffit pas d'être en vie, il faut être vivant. C'est à dire savoir à chaque instant qu'on est au coeur d'un prodige et être en contact, en harmonie avec lui.
Rien ne me cause plus de plaisir que de voir ces jeunes mères d'aujourd'hui portant leurs bébés dans un sac, sur leur buste. Ils sont ballottés comme lorsqu'ils étaient dans leur ventre, mais ils sont aussi rassurés, car ils ont presque le même contact.