De toutes les choses qu'on garde en soi, les pires sont les secrets. Ce qui nous fait honte et si peur qu'on doit même se le cacher à soi-même. Les secrets mènent aux illusions, qui à leur tour mènent aux mensonges, et ceux-ci créent un mur.
Nos secrets nous rendent malades en nous séparant des autres. Ils nous isolent. Ils nous rendent craintifs, frustrés, amers. Ils nous retournent contre les autres, puis contre nous-mêmes.
Comme c'est difficile pour ceux qui ne s'épanouissent pas lorsque tout, autour, est vie nouvelle et espoir.
Il recueillait des sentiments. Il relevait des émotions. Car le meurtre est profondément humain. Il ne s'agit pas tant de savoir ce que font les gens, mais comment ils se sentent, car c'est là que tout commence. Un sentiment jadis humain et naturel s'est gauchi, est devenu monstrueux, fielleux, corrosif, jusqu'à ronger son contenant même. Jusqu'à ce qu'il ne reste presque plus rien d'humain.
La première génération amasse l'argent, la deuxième l'apprécie, ayant été témoin des sacrifices consentis, et la troisième le dilapide.
Le véritable sens se trouvait dans les pauses. Jamais dans les mots, mais dans les hésitations.
Tout le monde mérite une deuxième chance. Mais pas une troisième.
On ne peut pas dénigrer, rabaisser tant d’autres personnes sans se diminuer soi-même.
Les gens meurent petit bout par petit bout, en une série de petites morts. Ils perdent la vue, l'ouïe, leur autonomie. Ça, ce sont les morts physiques. Mais il y en a d'autres,moins évidentes, mais plus fatales. Ils perdent courage. Ils perdent espoir. Ils perdent confiance. Ils se désintéressent de tout. Et, finalement, ils se perdent eux-mêmes.
Le violoniste fait chanter son instrument, le violoneux le fait danser...
Le chant grégorien était le père de la musique du monde occidental. Mais ses enfants ingrats finirent par le tuer. Il fut enterré et oublié.
Beaucoup de choses peuvent se cacher dans le silence. Ou du moins tenter de s’y cacher.La plupart des émotions, savait-il, finissaient par sortir. Surtout la colère.
Des millions de gens sont prêts à croire n'importe quoi. Ils voient le Christ dans une crêpe et se mettent à la vénérer.
Avoir la foi est souvent douloureux. Et souvent réjouissant. Deux moitiés d’un tout.
Il y avait deux choses qu’une personne ne pouvait faire sur demande, même si elle le voulait : blêmir et rougir.
Penny Louise
Cela explique aussi notre fascination pour l’histoire. Nous sommes dans une chaloupe à rames. Nous avançons droit devant, mais regardons toujours vers l’arrière.
Et si oublier le passé pouvait condamner les gens à le répéter, s’en souvenir avec trop de précision les condamnait à ne jamais le quitter.
Le temps finissait par tout recouvrir de son grand manteau. Les événements, les gens, la mémoire...
Il s’était donc forgé une carapace pour résister aux attaques. De telles cuirasses permettaient à de jeunes enfants de survivre mais elles cessaient rapidement de protéger et devenaient le problème. Parce que si la carapace tenait la douleur à distance, elle bloquait aussi la lumière. Et à l’intérieur, la pauvre petite âme effrayée devenait quelque chose de complètement différent, qui se développait uniquement dans l’obscurité.
J'avais dans ma maison trois chaises : une pour la solitude, deux pour l'amitié, trois pour la société.
Quoi qu'on fasse, notre conscience nous trouve. Le passé refait toujours surface.
Cette femme avait compris une vérité capitale, que la plupart des gens n’apprenaient jamais. Qu’on forge soi-même son destin.
La seule chose pire que de refuser le pardon... C'était de l'accorder sans être sincère.
Mais toutes les peintures, les plus troublantes et les plus exquises, sont constituées de la même chose : de jeux d'ombre et de lumière.
Œuvres de Louise Penny