Œuvre

Le mois le plus cruel (2014)

Mais hélas ! qu'il est amer de ne voir le bonheur que par les yeux d'autrui !
La peur peut empêcher certaines personne de commettre un meurtre, mais il avait la certitude que c’est elle qui pousse la plupart des gens à tuer. Cachée sous les autre émotions, c’est elle qui les déforme, les transforme en quelque chose de morbide. C’est un alchimiste qui peut changer la lumière du jour en nuit, la joie en désespoir
Ça s’appelle la pensée magique. « Si je fais telle chose, telle autre arrivera », même s’il n’y a aucun lien entre les deux. « Si je marche sur une fente du trottoir, ma mère se fera mal au dos. » Ou si je passe sous une échelle, ou si je casse un miroir. On nous apprend très jeune à croire à la magie, puis nous passons le reste de notre vie à être punis pour ça .
Si on dégage une énergie de colère, c’est ce qu’on reçoit en retour.
De toutes les choses qu'on garde en soi, les pires sont les secrets. Ce qui nous fait honte et si peur qu'on doit même se le cacher à soi-même. Les secrets mènent aux illusions, qui à leur tour mènent aux mensonges, et ceux-ci créent un mur.
Nos secrets nous rendent malades en nous séparant des autres. Ils nous isolent. Ils nous rendent craintifs, frustrés, amers. Ils nous retournent contre les autres, puis contre nous-mêmes.
Comme c'est difficile pour ceux qui ne s'épanouissent pas lorsque tout, autour, est vie nouvelle et espoir.
Il recueillait des sentiments. Il relevait des émotions. Car le meurtre est profondément humain. Il ne s'agit pas tant de savoir ce que font les gens, mais comment ils se sentent, car c'est là que tout commence. Un sentiment jadis humain et naturel s'est gauchi, est devenu monstrueux, fielleux, corrosif, jusqu'à ronger son contenant même. Jusqu'à ce qu'il ne reste presque plus rien d'humain.