Auteur

Juliette Gréco

Si je me suis mariée trois fois, c'est uniquement par politesse.
Moi, j'aime, je veux bien tout donner, je ne demande rien. Je les enveloppe, je les installe, je les mets au chaud, et d'un coup j'en ai marre de les voir s'endormir. Je me fatigue, le secret du départ est là.
Je suis un animal sauvage impropre au dressage. ... D'ailleurs, on m'a dit que le premier mot que j'ai prononcé n'était ni maman ni papa. C'était non !
Si l'enfance est comme la mienne violente et douloureuse, ça conditionne l'adulte que je suis devenue, qui peut rester des jours sans parler.
Dans tout ce que je chante et dans ma vie, je suis là quelque part.
Les mots, c'est très grave, pour moi. […] Je ne peux pas mettre dans ma bouche des mots qui ne me plaisent pas.
Je suis là pour servir. Il y a une belle phrase dans la Bible, qui dit : « Je suis la servante du Seigneur, qu'il me soit fait selon votre parole. » Et moi, mes Seigneurs, ce sont les écrivains et les musiciens. Je suis là pour servir, je suis interprète.
Mes Seigneurs, ce sont les écrivains et les musiciens. Je suis là pour servir, je suis interprète.
La chanson est un art particulier, extrêmement difficile (quand c'est bien), contrairement à ce qu'on peut croire. Il faut écrire une pièce de théâtre ou un roman en 2 minutes ½ / 3 minutes et c'est un exercice extraordinaire. C'est grave, une chanson. Ça va dans les oreilles de tout le monde, ça se promène dans la rue, ça traverse la mer, c'est important une chanson, ça accompagne votre vie...
Les poètes, les musiciens, ils ont besoin d'interprètes. Ils ne sont pas toujours les meilleurs interprètes de leurs œuvres, ce n'est pas vrai. Quelquefois, nous, interprètes, nous trouvons des choses qu'ils n'ont pas entendues, d'eux-mêmes…
Brel, je l'ai découvert dans un cinéma renommé du quartier de Pigalle, le Gaumont Palace. Il était grand et beau. Oui, beau, contrairement à ce qu'il croyait, et à ce que les gens conventionnels disaient. Il avait une beauté unique, parce qu'il était « beau à l'intérieur ».
Je suis là pour servir, je suis interprète.
Ce qui nous reste d'enfance. Joie de rire, joie de voir des belles personnes, joie du spectacle, joie de la victoire, joie à en éclater de rire. Quand on a ce qu'on appelle joie, cela doit se voir sur le visage. On est plus beau. La joie rend beau. Plus beau qu'on est, à coup sûr. Joie, moment de bonheur.
Chanter, c'est tout donner et recevoir la vibration du public... On entre sur scène, les gens se taisent, applaudissent, vous écoutent. C’est invraisemblable.
Chanter, c'est tout donner et recevoir la vibration du public...
J'ai choisi d'aimer qui je veux quand je veux.
Je suis de moins en moins bête, ce qui me permet de réaliser de façon de plus en plus aiguë le miracle qu’est notre métier. On entre sur scène, les gens se taisent, applaudissent, vous écoutent. C’est invraisemblable.
Je dois beaucoup à beaucoup de monde, j’ai eu la chance de tomber sur des hommes et des femmes qui, en plus d’être des génies, ce que j’ignorais, étaient des êtres humains.
Je ne porte pas un intérêt particulier à moi-même, vous savez. J'ai du respect pour moi, parce que je reste cohérente et que je suis folle. Folle de passion, folle d'amour... Mais je ne suis pas narcissique.
Je suis un animal sauvage, totalement impropre au dressage. Je suis arrivée comme ça, je partirai comme ça.
J'ai un sens suraigu de l'injustice. Quant à la liberté... Si je me suis mariée trois fois, c'est uniquement par politesse. « Ne mettons pas nos noms au bas d'un parchemin...» Brassens a raison. Aussi prestigieux que soient les hommes que j'ai épousés, je ne me suis jamais appelée Mme Philippe Lemaire, ni Mme Michel Piccoli, ni Mme Gérard Jouannest. Je m'appelle toujours Gréco.
J'ai toujours eu besoin d'être seule. Seule pour pouvoir travailler en moi. Sans cela, je n'entends rien.
J'ai toujours une force en moi qui se révolte. Tant que je ne suis pas morte, il n'y a rien à faire : je me lève.
Aujourd'hui, les jeunes sont en uniforme. Tous pareils, même coupe de cheveux, mêmes grolles, mêmes jeans, même blouson, même bouffe. Une immense armée! Enfin, ils finiront bien par faire leur révolution.
Sartre et Beauvoir étaient des gens magnifiques. Mais je les soupçonne d'avoir été jaloux l'un de l'autre. Beauvoir avait beaucoup d'affection pour moi. Mais je ne suis pas entrée dans son jeu...

Œuvres de Juliette Gréco

Extrait du documentaire Je m'appelle Gréco, réalisé par Jaci Judelson (un bonus du DVD Juliette Gréco, Olympia 2004France Inter, 21 juin 2009.Interview L'Express, propos recueillis par Dominique Simonnet le 08/11/2001Interview Le Figaro, par Olivier Nuc, 23 avril 2015Interview We Culte - Le Mag Culture, Juliette Gréco : « Il faut se battre pour le bonheur » par Victor Hache, 6 décembre 2015Interview We Culte - Le Mag Culture, Juliette Gréco : « Le public a fait de ma vie un rêve éveillé » par Victor Hache, 17 mai 2015Je suis faite comme ça (2012)Jujube (1982)Portrait de Juliette Gréco , Ouest-France, par Michel Troadec, le 23/09/2020