Mes Seigneurs, ce sont les écrivains et les musiciens. Je suis là pour servir, je suis interprète.

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J’ai eu une vie complètement magique, dingue. Cela fait plus de soixante-cinq ans que ça dure. C’est fou !
Chanter, c'est tout donner et recevoir la vibration du public... On entre sur scène, les gens se taisent, applaudissent, vous écoutent. C’est invraisemblable.
Interprète, c’est un métier formidable et les auteurs parfois sont surpris quand ils redécouvrent leur texte.
Le métier que je fais est bouleversant et ravageur. Mais il m'apporte un bonheur incommensurable. La scène, c'est une manière géniale de faire l'amour.
J'étais éblouie par Brel. Ses yeux étaient ardents comme des braises. Je lui ai dit: « Je prends une de vos chansons, la plus difficile à défendre. Mais vous allez chanter vos chansons tout seul.»
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Dans la même œuvre

Dans tout ce que je chante et dans ma vie, je suis là quelque part.
Les mots, c'est très grave, pour moi. […] Je ne peux pas mettre dans ma bouche des mots qui ne me plaisent pas.
Je suis là pour servir. Il y a une belle phrase dans la Bible, qui dit : « Je suis la servante du Seigneur, qu'il me soit fait selon votre parole. » Et moi, mes Seigneurs, ce sont les écrivains et les musiciens. Je suis là pour servir, je suis interprète.
La chanson est un art particulier, extrêmement difficile (quand c'est bien), contrairement à ce qu'on peut croire. Il faut écrire une pièce de théâtre ou un roman en 2 minutes ½ / 3 minutes et c'est un exercice extraordinaire. C'est grave, une chanson. Ça va dans les oreilles de tout le monde, ça se promène dans la rue, ça traverse la mer, c'est important une chanson, ça accompagne votre vie...
Les poètes, les musiciens, ils ont besoin d'interprètes. Ils ne sont pas toujours les meilleurs interprètes de leurs œuvres, ce n'est pas vrai. Quelquefois, nous, interprètes, nous trouvons des choses qu'ils n'ont pas entendues, d'eux-mêmes…