Auteur

Jean-Paul Sartre

Plus absurde est la vie, moins supportable la mort.
Elle ne croyait à rien; seul, son scepticisme l'empêchait d'être athée.
La glace m'avait appris ce que je savais depuis toujours: j'étais horriblement naturel. Je ne m'en suis jamais remis.
Le monde est iniquité; si tu l'acceptes tu es complice, si tu le changes, tu es bourreau.
Je ne serai pas modeste. Humble tant qu'on voudra, mais pas modeste. La modestie est la vertu des tièdes.
Il garde les mains dans ses poches, elles sont lourdes comme du plomb. «Lever les mains!» Un Allemand le vise avec un fusil. Il rougit, ses mains se lèvent lentement, les voilà en l'air au-dessus de sa tête: ils me paieront ça avec du sang.
Je n'avais pas le droit d'exister. J'étais apparu par hasard, j'existais comme une pierre, une plante, un microbe. Ma vie poussait au petit bonheur et dans tous les sens.
Nous ne sommes nous qu'aux yeux des autres et c'est à partir du regard des autres que nous nous assumons comme nous.
Il n'y a pour une conscience qu'une façon d'exister, c'est d'avoir conscience qu'elle existe.
Le pour soi est ce qu'il n'est pas et n'est pas ce qu'il est.
En sa présence, j'avais autrefois demandé la permission de lire Madame Bovary et ma mère avais pris de sa voix trop musicale: Mais si mon petit chéri lit ce genre de livre à son âge, qu'est-ce qu'il fera quand il sera grand?
Longtemps j'ai pris ma plume pour une épée: à présent je connais notre impuissance. N'importe: je fais, je ferai des livres; il en faut; cela sert tout de même.
La culture ne sauve rien ni personne, elle ne justifie pas. Mais c'est un produit de l'homme: il s'y projette, s'y reconnaît; seul, ce miroir critique lui offre son image.
Moi je suis méchante: ça veut dire que j'ai besoin de la souffrance des autres pour exister.
Dans la mesure où il permet une action cohérente, dans la mesure où il exprime une situation cohérente, dans la mesure où des millions d'hommes y trouvent un espoir et l'image de leur condition, le matérialisme doit enfermer indubitablement des vérités.
Un roman, c'est un miroir: tout le monde le dit. Mais qu'est-ce que lire un roman? Je crois que c'est sauter dans le miroir.
L'enfer c'est les autres.
Cette classe qu'on a heureusement baptisée «moyenne» enseigne à ses fils qu'il ne faut rien de trop et que le mieux est l'ennemi du bien.
Ils seront huit. On leur criera: «En joue» et je verrai les huit fusils braqués sur moi. Je pense que je voudrai rentrer dans le mur, je pousserai le mur avec le dos de toutes mes forces et le mur résistera, comme dans les cauchemars.
Nous aimons des villes-musée - et toutes nos villes sont un peu comme des musées où nous vagabondons parmi les demeures des ancêtres.
Ce type à moustaches possède d'immenses narines, qui pourraient pomper de l'air pour toute une famille et qui lui mangent la moitié du visage, mais, malgré cela, il respire par la bouche en haletant un peu.
«Si l'on me torturait, que ferais-je?»Et cette seule question nous portait nécessairement aux frontières de nous-mêmes et de l'humain, nous faisait osciller entre le no man's land où l'humanité se renie et le désert stérile d'où elle surgit et se crée.
Les objets, cela ne devrait pas toucher, puisque cela ne vit pas. On s'en sert, on les remet en place, on vit au milieu d'eux: ils sont utiles, rien de plus. Et moi, ils me touchent. C'est insupportable.
Il n'y a d'espoir que dans son action, et que la seule chose qui permet à l'homme de vivre, c'est l'acte.
Le passé est ce qui est hors d'atteinte et qui nous hante à distance.

Œuvres de Jean-Paul Sartre

A propos du Tintoret.Baudelaire (1946)Cahiers pour une morale (1983)Carnets de la drôle de guerre - Septembre 1939 - Mars 1940 (1983)Cité dans Eloge des femmes mûres (2006) de Stephen Vizinczey.Critique de la raison dialectique (1960)Dans Obliques, Sartre et les arts.Enregistrement phonographique de Jean-Paul Sartre en 1965 en préambule à Huis clos - L'enfer c'est les autresEsquisse d'une théorie des émotions (1938)Huis Clos (1944)Huis Clos (1944), V, EstelleL'Etre et le Néant (1943)L'Idiot de la famille (1971-1972)L'existentialisme est un humanisme (1945)L'existentialisme est un humaniste (1945)L'imagination (1936)La Dernière ChanceLa Putain respectueuse (1946)La nausée (1938)Le Diable et le Bon Dieu (1951)