Le battement sourd des foulons ébranlait les profondeurs sombres de la terre avec le bruit d'un gros coeur chargé de sang.
A midi, le boulanger chargea son four en plein avec des fagots de chêne bien sec.
Elle se mit à fourgonner dans son poêle avec un gros tisonnier de fer.
Angélo était un soldat de métier et, en fourrageur, il avait de l'instinct.
Antonio le frappa dans les côtes. Le poing de l'homme frappa à vide dans la paille ... Il le frappa très vite deux fois à la pointe du menton, puis encore un coup dans les côtes.
Le héros n'est pas celui qui se précipite dans une belle mort; c'est celui qui se compose une belle vie.
Il battait la mesure en frappant sur la table avec sa main plate.
Un gros freux râblé, de vol mou, qui s'empêtra dans une liane de vent, trébucha des deux ailes et tomba comme une épave dans le vide du vallon.
Ils se fricassèrent le museau comme de jeunes chiens.
Il ne savait que frictionner sans arrêt. Ses mains lui en faisaient mal. Il fit des frictions à l'eau-de-vie.
De temps en temps elle frisottait du bout du doigt la rose en papier de son corsage.
Les frondaisons des ormeaux et des sycomores gémissaient comme des mâts en travail.
Enfin, le voilà dans ses armures et fanfreluches complètes de prêtre-guerrier qui frotaille de petites crécelles de bois sec.
On eût dit un énorme tas de fucus amassé par la récente tempête, et qui avançait en ressautant sur le dos de la vague.
Les labours d'automne ont commencé ce matin. Dès le premier tranchant de l'araire, la terre s'est mise à fumer.
C'était un bouquet d'arbres aigus, trop fuselés pour garder la neige. Ils étaient luisants d'un beau vert gras, épais et serrés de feuillages comme des colonnes.
L'été est là à gémir qu'il va mourir.
Un beau mortier, dit La Poule, et mélangé par une sacrée gâche qui part de haut.
Il s'arrêta, la crosse à la hanche, le doigt sur la gâchette, le fusil braqué vers l'arbre noir.
Il est plus facile de croire à l'héroïsme social que de conformer sa vie aux exigences terribles de l'héroïsme individuel.
Un jarret de porc salé dans la soupe de chou blanc commence à fournir déjà assez de matière. Surtout si c'est un jarret un peu rose, avec d'onctueuses petites mottes de gluant dans les jointures.
Aucun homme ne pourra vivre sa jeunesse s'il ne se croit pas le plus grand et le plus généreux des hommes.
Dans les fermes des collines les juments ne sont pas grasses et lourdes; comme on attend d'elles moins gros travail que bonne espérance de poulains, on les laisse galoper dans les hauts campas.
L'homme n'est la matière première que de sa propre vie.
Ils bâtissent avec des pierres et ils ne voient pas que chacun de leurs gestes pour poser la pierre dans le mortier est accompagné d'une ombre de geste qui pose une ombre de pierre dans une ombre de mortier. Et c'est la bâtisse d'ombre.
Œuvres de Jean Giono
Batailles dans la montagne (1937)Coeurs, passions, caractères (1982)Colline (1929)Dans Lui.De Homère à Machiavel (1986)Ecrits pacifistes, Lettre aux paysans sur la pauvreté et la paix (1938)Ecrits pacifistes, Lettres aux paysans sur la pauvreté et la paixEcrits pacifistes, Refus d'obéissance (1937)Ennemonde (1968)Ennemonde et Autres Caractères (1968)Jean le BleuJean le Bleu (1932)L'Eau viveL'Eau vive (1943)L'Homme qui plantait des arbres (1953)L'Iris de Suse (1970)La Chasse au Bonheur (1988)La Femme du BoulangerLa Provence gourmande de Jean Giono : le goût du bonheur Sylvie GionoLanceurs de graines