Œuvre
Que ma joie demeure (1935)
Il vit s'enfoncer, pattes repliées, une longue araignée d'eau maigre comme un fil de la Vierge mais qui traînait un chapelet de bulles d'air et dans chaque bulle d'air était enfermée une petite araignée toute neuve qui venait à peine de naître.
Y a pas d'abris, mon capitaine. Ca a tout foiré dans la boue.
Ils bâtissent avec des pierres et ils ne voient pas que chacun de leurs gestes pour poser la pierre dans le mortier est accompagné d'une ombre de geste qui pose une ombre de pierre dans une ombre de mortier. Et c'est la bâtisse d'ombre.
La poésie est une force de commencement; et une grande force: la dynamite qui soulève et arrache le rocher.
Je n'avais jamais vu l'automne, dit-il. Ce n'est cependant pas le premier. Je n'avais jamais eu le temps.
Quand on ne fait rien pour le lépreux, il devient de plus en plus lépreux.
La jeunesse, dit l'homme, c'est la joie. Et, la jeunesse, ce n'est ni la force, ni la souplesse, ni même la jeunesse comme tu disais: c'est la passion pour l'inutile.
Un de ces proverbes dit que d'une chose mauvaise une belle ne peut pas sortir. Le sifflet était beau comme tout. Il était fait de juste rond. Il allait calme. Il allait juste où il fallait.
Les hommes, au fond, ça n'a pas été fait pour s'engraisser à l'auge, mais ça a été fait pour maigrir dans les chemins, traverser des arbres et des arbres, sans jamais revoir les mêmes; s'en aller dans sa curiosité, connaître.
La jeunesse, dit l'homme, c'est la joie. Et, la jeunesse, ce n'est ni la force, ni la souplesse, ni même la jeunesse comme tu disais: c'est la passion pour l'inutile. Inutile, ajouta-t-il en levant le doigt, qu'ils disent!