On s'est mis à monter le coteau, doucement, doucettement.
Il y a du feu dans l'âtre, mais le vent a embouché la cheminée et il souffle sa musique avec de la fumée, des cendres volantes et en aplatissant la flamme.
Il y a eu un moment d'embrouillages. On les voyait aller les unes chez les autres, entrer, sortir, revenir, repartir, à deux, à trois. Maintenant, c'est tout en ordre.
Même que j'étais passablement emmiellé, passez-moi l'expression.
On ne put se défendre d'être fasciné par les arabesques, les trèfles de galon qui escaladaient son dolman et le casque étincelant emplumé de faisanneries.
D'énormes clématites défeuillées encordaient de lianes blanches ces entassements de branches mortes et de troncs décharnés.
Il finit par s'engouer dans sa fureur et par tousser. Enfin, il cracha à la figure d'Angélo.
Il n'y avait personne, comme de bien entendu.
Au bout de son effort il entra dans l'eau plate à l'abri de la rive. Il se laissa glieer sur son erre.
Ma femme s'est pendue dans la grange, une nuit que j'étais à l'espère du lièvre.
Ils débouchèrent dans un pâturage maigre. Tout de suite après commençait une éteule de seigle clairsemée.
La lumière était d'acier noir mais, de temps à autre, un étincellement s'allumait ... sur la bordure vernie d'un pigeonnier, sur une girouette, sur une cage de fer.
Et maintenant, elle vous regarde bien en face, avec des yeux suppliants et incendiés.
Cette femme faisait son petit dans les brousailles comme une laie.
Je vous explique ça comme je le sais, sans falbalas.
Antonio s'adossa à un fayard. Près de son oreille, il entendit un petit sifflement. Il toucha avec son doigt. C'était la sève qui gouttait d'une fente de l'écorce.
Les prés les plus hauts entreront en toi avec les couleurs et les odeurs; avec la hampe des avoines, avec le balancement des fétuques chargés de graines.
Vingt ans. Depuis vingt ans j'ai vu se succéder ces moissons et les vendanges de la terre, la feuillaison des arbres, les moissons et les vendanges, les feuillaisons de mon corps.
Un pin se débat, craque, se tord, s'écroule dans une pétarade d'étincelles. Une flammèche fuse dans l'herbe sèche.
Un fleuve est un personnage, avec ses rages et ses amours, sa force, son dieu hasard, ses maladies, sa faim d'aventures.
Les vallons, perdus ou pas perdus, sentaient la flouve, le foin et le caille-lait.
Y a pas d'abris, mon capitaine. Ca a tout foiré dans la boue.
Et elle riait juste du rire, des petits coups de rire du fond de la gorge, tout en nerfs.
Elle me réveillait l'appétit avec des fougasses à l'anchois, des sauces où elle pilait de l'ail et des échalotes sauvages.
C'est le plateau où, toute la nuit, la pluie a foulé l'herbe.
Œuvres de Jean Giono
Batailles dans la montagne (1937)Coeurs, passions, caractères (1982)Colline (1929)Dans Lui.De Homère à Machiavel (1986)Ecrits pacifistes, Lettre aux paysans sur la pauvreté et la paix (1938)Ecrits pacifistes, Lettres aux paysans sur la pauvreté et la paixEcrits pacifistes, Refus d'obéissance (1937)Ennemonde (1968)Ennemonde et Autres Caractères (1968)Jean le BleuJean le Bleu (1932)L'Eau viveL'Eau vive (1943)L'Homme qui plantait des arbres (1953)L'Iris de Suse (1970)La Chasse au Bonheur (1988)La Femme du BoulangerLa Provence gourmande de Jean Giono : le goût du bonheur Sylvie GionoLanceurs de graines