Auteur

Jean Giono

Elle a un caraco rouge à pois blancs, décoloré par la sueur sous les bras.
C'était un piéton bien équipé ... On pouvait lui donner dans les soixante ans mais il ouvrait solidement ses compas comme le juif errant en personne.
Nous ne savons pas ce qui nous attend sinon que, d'après ce que nous avons déjà vu ce sera sans doute coton. Tâchons d'être à la hauteur des événements.
Tu te crois plus forte qu'un de mes vieux hussards, se disait Angélo. Ils mangent de la polenta au vin quand ils sont dans les coups de chien.
L'émotion d'ailleurs, malgré la colère et l'apétit italien pour le mystère, avait coupé les jambes à Angélo. Il les sentait flageoler sous lui à chaque pas.
Il a retrouvé son instinct de tueur de bêtes pour enfoncer brusquement le coutre aigu dans la terre.
Là-haut, les renards ont mangé. Lourds de viande, ils marchent pesamment, cherchent le couvert pour dormir.
C'est à peine éclairé, mais j'y vois assez pour me rendre compte qu'on a changé de crémerie.
Il était aussi humilié d'être plié nu dans une couverture, à croupetons près du feu et qu'il fallait ça s'il voulait vivre.
Il ne lui restait plus qu'à enrouler à côté de ça quelques mètres de boyaux, sans oublier le culier qui donne de l'espace et du lyrisme.
Sur la médaille de ciel monta la fusée noire d'un cyprès, puis deux, puis trois, puis toute une cyprière.
Une petite prairie rousse, portant quelques noisetiers défeuillés et des touffes de buis.
Vous tombez à pic, dit-il, on va défourner. Quant à vous dire ce que ça sera, je n'en sais rien; peut-être du pain, peut-être de la galette ...
Ce visage insensible qui cependant ne défronçait pas ses sourcils.
Les autans de la mer qui dégondent les portes et écrasent les treilles.
Les pêcheurs qui n'étaient pas partis rentraient les rames. Déjà, dans les sentines, on délutait de vieilles cruches.
Les créations fascistes ne sont que l'oeuvre d'un homme multipliée. Ce sont de simples créations de démesure; elles ont l'âme tragique de la démesure.
Un jeune homme très brun, maigre, avec un peu de barbe, ce qui démesure ses yeux déjà très larges et très rêveurs.
Une liqueur d'hysope qui se détrempe si on veut, mais que les hommes boivent pure.
Sans bouger la tête, du plein de son oeil déviré, le prisonnier regarda Jolivet et, dans le pauvre regard, ... tout se vit soudain.
Les dévoiements s'étaient arrêtés. La jeune femme respirait faiblement, avec des hoquets ... Son ventre trésaillait encore de souvenirs.
De cette terre d'Ile-de-France qui était aussi humaine que n'importe quelle autre, tu as fait sortir tes palais barbares, dicteurs de lois.
N'êtes-vous pas capable d'aimer l'eau froide pour l'eau froide et croyez-vous qu'on fait tant son discuteur quand on vient de traverser après vingt jours la poussière dressée de toute la terre provençale?
Avant, il donne à la bique. Elle est libre et toute seule dans la grande écurie noire et elle saute tout de suite vers la porte ouverte. Il la regarde manger.
On passait un petit pont. Dans le ruisseau sale, dessous, l'eau dormait dans les détritus et les débris de viande.

Œuvres de Jean Giono

Batailles dans la montagne (1937)Coeurs, passions, caractères (1982)Colline (1929)Dans Lui.De Homère à Machiavel (1986)Ecrits pacifistes, Lettre aux paysans sur la pauvreté et la paix (1938)Ecrits pacifistes, Lettres aux paysans sur la pauvreté et la paixEcrits pacifistes, Refus d'obéissance (1937)Ennemonde (1968)Ennemonde et Autres Caractères (1968)Jean le BleuJean le Bleu (1932)L'Eau viveL'Eau vive (1943)L'Homme qui plantait des arbres (1953)L'Iris de Suse (1970)La Chasse au Bonheur (1988)La Femme du BoulangerLa Provence gourmande de Jean Giono : le goût du bonheur Sylvie GionoLanceurs de graines