Du manoir au port, ils avaient pris par les venelles allongeuses.
Le long de hauts rochers anfractueux, coulait l'odeur des nids pourris abandonnés par les éperviers.
Il vit s'enfoncer, pattes repliées, une longue araignée d'eau maigre comme un fil de la Vierge mais qui traînait un chapelet de bulles d'air et dans chaque bulle d'air était enfermée une petite araignée toute neuve qui venait à peine de naître.
Tu n'auras pas de femme ou de mère attachée à toi comme une arapède, à te crier: Des sous, des sous!
Avant qu'il ne se décide, on aurait le temps de tuer un âne à coups de figues.
Surveille tes ruches et prends tes dispositions d'hiver. Les avettes si rudes au travail sont faibles sous les longues nuits.
Il vint au port un après-midi. Il n'y avait pas de voilier à quai: des barquettes seulement et une balancelle qui portait des blocs de marbre au temple de Cypris-de-l'onde-bleue.
Et, barca, comme aurait dit Langlois, car jamais plus on ne vit Langlois à l'église, ni pour des messes, ni pour des vêpres, ni pour rien.
Une bastidette à forme de nef était à l'ancre sur un champs de trèfles.
Je fais plus de choses dures que ce qu'on croit, dit-elle. Je ne fais que ça. Sans blague? Oui, sans blague.
La niche votive où pour les doigts furtifs de Pan on avait déposé la bolée de mûres blanches.
Et ça s'est débouché tout d'un coup, ça a coulé, clair, puis épais, puis clair encore, la lie et le vin mélangés, comme si la bonde avait sauté d'un tonneau oublié.
Je ne crois pas que les révolutions soient des assassinats, ou alors je m'en désiste. On le sait. C'est pourquoi on tire sur moi à boulets rouges, des deux côtés.
Un groupe de paysannes en habits de fête ... se disputaient pour la possession d'une niche de la muraille. Un ânier l'occupait avec son bourriquet et ses couffes d'oignons.
Il se tourna vers le tas imprécis où marchands de cabres, palefreniers, maquignons écoutaient.
Il descendit, l'oreille au guet, imaginant déjà la campée des bûcherons: les haches pendues, la soupe de chou, les souples litières de feuilles.
Il soubresautait et on entendait claquer ses dents. ... Qu'est-ce qui le tenait debout? La fierté, hein! Tu ne voulais pas caner, hein!
J'aurais voulu que tu sois dans les caniers de l'Eurotas quand Ulysse me conta ses aventures.
Ca pouvait être dans les onze heures quand Panturle s'est arrêté pour raccommoder la longe qui venait de casser.
Mon père ne m'interdisait pas de sortir, au contraire, mais, tous les catimini, quelle joie!
Le chat gris qu'il avait dérangé dans le salon, la nuit passée, mit la tête à la chattière ..., se glissa en dépêtrant ses pattes du trou, une après l'autre, et vint se frotter à lui en ronronnant.
Olivier et Daniel sont au fond, emmêlés bras et jambes, serrés l'un dans l'autre à n'être plus qu'un. Le chaud de l'un coule dans le chaud de l'autre.
La femme lui montra sa route qui, de l'autre côté de la vallée, montait dans les chênaies.
On en est à la chienlit, monsieur ... On en est à la mascarade, au corso carnavalesque. On se déguise en pirrot, en arlequin, colombine ou en grotesque pour échapper à la mort.
Sans voir la porte, en deux sauts, il a été dehors. Il avait encore les yeux collés de sommeil.
Œuvres de Jean Giono
Batailles dans la montagne (1937)Coeurs, passions, caractères (1982)Colline (1929)Dans Lui.De Homère à Machiavel (1986)Ecrits pacifistes, Lettre aux paysans sur la pauvreté et la paix (1938)Ecrits pacifistes, Lettres aux paysans sur la pauvreté et la paixEcrits pacifistes, Refus d'obéissance (1937)Ennemonde (1968)Ennemonde et Autres Caractères (1968)Jean le BleuJean le Bleu (1932)L'Eau viveL'Eau vive (1943)L'Homme qui plantait des arbres (1953)L'Iris de Suse (1970)La Chasse au Bonheur (1988)La Femme du BoulangerLa Provence gourmande de Jean Giono : le goût du bonheur Sylvie GionoLanceurs de graines