Il y a des moments où un mot fait plus qu'un geste.
On ne peut rien dire en criant.
On doit pas toujours garder la même mère, on doit changer. La première, elle a encore dans elle le moule de quand on était petit et les seins sensibles. Elle ne sait pas qu'on peut plus rentrer d'où on est sorti.
La grand-mère: Elle ne peut pas te faire de mal, mon petit. Puisqu'elle est morte. - Jean: Elle est plus que morte, grand-mère, elle est morte rien que pour moi.
Tu as peur des mots? C'est avec ça qu'on fait la vérité.
Il ne faut pas demander l'heure. L'heure n'a rien à faire. Il ne faut attendre que ce qui est dû.
C'est pas les sous qui font la richesse. C'est le contentement.
- Oui, il en a fait du mal, reprend le père Valigrane qui a bien regardé au dedans de lui des souvenirs de champs de blé, et s'il en a tant fait, c'est à cause de la mode.
Le soleil n'est jamais aussi beau qu'un jour où l'on se met en route.
Si on n'a pas la conviction qu'autrui est dans des embêtements sans nombre, on n'est pas soi-même très heureux.
La vie de l'homme est une chasse au bonheur. Parmi ces bonheurs, l'exercice de la gourmandise est un des plus importants.
Prends donc l'habitude que les choses ordinaires arrivent aussi.
Toutes les erreurs de l'homme viennent de ce qu'il s'imagine marcher sur une chose inerte alors que ses pas s'impriment dans la chair pleine de grande volonté.
Je crois à la vertu de l'homme à cheval, mais il faut qu'il reste muet. S'il prononce un mot, c'est comme s'il mettait pied à terre.
Si j'étais un tyran, j'obligerais tous les jeunes gens à faire un peu de prison. On y apprend à être soi-même.
L'innocence est toujours impossible à démontrer.
Je jouis à chaque instant de vieillir parce que... je ressens le sentiment délicieux, à chaque seconde, de l'irrémédiable.
L'essentiel n'est pas de vivre, c'est d'avoir une raison de vivre.
Les mots ne suffirent plus. A force de tout se passer en mots, le plaisir restait en suspens, on s'énervait à attendre l'essentiel. Il fallait aller plus loin. Quel bonheur de s'approcher coûte que coûte de ce paroxysme!
La chaleur pétillait sur les tuiles. Le soleil n'avait plus de corps; il était frotté comme une craie aveuglante sur tout le ciel; les collines étaient tellement blanches qu'il n'y avait plus d'horizon.
Dans la vie courante (qui est la nôtre) il n'y a vraiment jamais de quoi rire à ventre déboutonné, notre corps n'en a pas l'habitude (tandis que ricaner, on sait le faire).
Une avancée de froid aigrissait le fond de l'air.
(La mélancolie) enlève l'appétit, le goût, noue les aiguillettes.
Elle me réveillait l'appétit avec des fougasses à l'anchois, des sauces où elle pilait de l'ail et des échalotes sauvages. ... Il mangeait des gousses d'ail tout le jour comme des bonbons.
L'odeur aigre des sèves que la chaleur faisait éclater dans des fentes le long des troncs des alisiers sauvages.
Œuvres de Jean Giono
Batailles dans la montagne (1937)Coeurs, passions, caractères (1982)Colline (1929)Dans Lui.De Homère à Machiavel (1986)Ecrits pacifistes, Lettre aux paysans sur la pauvreté et la paix (1938)Ecrits pacifistes, Lettres aux paysans sur la pauvreté et la paixEcrits pacifistes, Refus d'obéissance (1937)Ennemonde (1968)Ennemonde et Autres Caractères (1968)Jean le BleuJean le Bleu (1932)L'Eau viveL'Eau vive (1943)L'Homme qui plantait des arbres (1953)L'Iris de Suse (1970)La Chasse au Bonheur (1988)La Femme du BoulangerLa Provence gourmande de Jean Giono : le goût du bonheur Sylvie GionoLanceurs de graines