Le vrai problème du mensonge n'est pas d'être immoral, c'est qu'il imprime dans la mémoire une trace moins forte que la vérité.
Auteur
Isabelle Sorente
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Sans doute ai-je hérité moi aussi du complexe d'Isis, celle qui réunit les morceaux dispersés, l'obsession de relier entre eux des faits épars, de reconstituer des trajectoires, un roman n'est jamais loin du rêve de reconstituer un corps.
Une femme doit apprendre à se forger le caractère, elle doit apprendre à ne compter sur personne.
Nous sommes tous pareils. Adultes vus de loin, terrifiés comme des gosses dès qu'on approche de près les choses importantes.
Les hommes cachent mal qu'une femme leur plaît, qu'ils la dévorent des yeux ou fassent semblant de l'ignorer.
Je l'écoutais, muette, enivrée, flattée qu'elle me fasse partager ses réflexions intimes, qu'elle me traite comme une égale, comme une adulte. Ce piège dans lequel tombent les enfants d'aimer qu'on les vieillisse. D'aimer qu'on vole leur âge.
S'il est vrai que la même chose revient, encore et encore, sous des noms différents, la fraternité des êtres dissemblables ne peut apparaître que sous la forme de confusion, de discordances et de distances infranchissables.
La jalousie, c'est quand tu veux ce que l'autre a, l'envie, c'est quand tu voudrais que l'autre n'ait jamais existé.
Je suis de la génération qu'on émascule à la naissance, de la génération des enfants rois, enfants objets, enfants produits, enfants drogués, junkies infantiles qui arpentent chaque jour les rues de la ville.
Je suis de la génération dont la peau a moins de valeur que l'habit.
Le féminin est un entraînement radical à la liberté.
Qu'importe une génération sacrifiée s'il reste l'espoir des suivantes !
On ne mesure jamais assez à quel point on a peu d'importance aux yeux des autres.
Compter, toujours compter, les heures, les minutes, c'est ce qui nous perd.
A trente ans, nous avons l'apparence des adultes, l'apparence de la sagesse, mais l'apparence seulement. Et si peur de mal faire !
Telle est notre malédiction, d'aspirer sans cesse à l'absolu, de le perdre sans cesse et d'y survivre toujours.
Heureusement qu'ils ne fonctionnent pas, les régimes ; sinon, depuis le temps qu'on en fait, il y a longtemps que nous aurions atteint le but ultime : le poids zéro !
Il n'y a que les causes perdues qui méritent qu'on les défende, que les questions sans réponse qu'il est nécessaire de poser.
Le clonage véritable n'est pas dans les éprouvettes mais sur nos murs, dans nos magasins et sur nos journaux !
Comme on a tort de croire que l'intelligence ou les facultés d'analyse peuvent nous mettre à l'abri !
Lorsqu'on cesse de boire à la source des rêves, le développement ne se fait qu'à moitié. En haut, quelque chose manque.
Dieu pleure. Le vrai. A cause du faux. Qui dirige le monde
Qui a le pouvoir de changer le cours des chemins invisibles ? On ne peut que suivre celui qui cherchent nos pas.
On ne croit plus au Prince Charmant. On s'assume. On sait bien qu'on ne pourra pas tout trouver dans un seul homme.
L'adulte est mort. La cruauté des cours de récré règne aujourd'hui dans les bureaux feutrés des multinationales.