Comme on a tort de croire que l'intelligence ou les facultés d'analyse peuvent nous mettre à l'abri !
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Compter, toujours compter, les heures, les minutes, c'est ce qui nous perd.
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La possibilité d'adorer est essentielle, c'est un besoin spirituel, encore faut-il le placer au bon endroit. Vénérer son partenaire conduit Lucie à ce qu'on appelle le masochisme. Mais d'autres se mettent à vénérer leur patron, c'est le cas de Jonathan dans le roman. Cette force-là, ce besoin d'adoration qui nous pousse à créer, peut aussi nous dévorer.
Le clonage véritable n'est pas dans les éprouvettes mais sur nos murs, dans nos magasins et sur nos journaux !
Sans doute ai-je hérité moi aussi du complexe d'Isis, celle qui réunit les morceaux dispersés, l'obsession de relier entre eux des faits épars, de reconstituer des trajectoires, un roman n'est jamais loin du rêve de reconstituer un corps.
Remplir les journées, les soirées, occuper les jambes, les têtes, les mains, les ventres, les yeux ! Surtout ne pas se poser de questions. Rien qui puisse arrêter le va-et-vient général : consommer / produire, consommer / produire !
Dans la même œuvre
Je suis de la génération qu'on émascule à la naissance, de la génération des enfants rois, enfants objets, enfants produits, enfants drogués, junkies infantiles qui arpentent chaque jour les rues de la ville.
Je suis de la génération dont la peau a moins de valeur que l'habit.
Qu'importe une génération sacrifiée s'il reste l'espoir des suivantes !
On ne mesure jamais assez à quel point on a peu d'importance aux yeux des autres.
A trente ans, nous avons l'apparence des adultes, l'apparence de la sagesse, mais l'apparence seulement. Et si peur de mal faire !