Je suis de la génération qu'on émascule à la naissance, de la génération des enfants rois, enfants objets, enfants produits, enfants drogués, junkies infantiles qui arpentent chaque jour les rues de la ville.
Je suis de la génération dont la peau a moins de valeur que l'habit.
Qu'importe une génération sacrifiée s'il reste l'espoir des suivantes !
On ne mesure jamais assez à quel point on a peu d'importance aux yeux des autres.
Compter, toujours compter, les heures, les minutes, c'est ce qui nous perd.
A trente ans, nous avons l'apparence des adultes, l'apparence de la sagesse, mais l'apparence seulement. Et si peur de mal faire !
Telle est notre malédiction, d'aspirer sans cesse à l'absolu, de le perdre sans cesse et d'y survivre toujours.
Heureusement qu'ils ne fonctionnent pas, les régimes ; sinon, depuis le temps qu'on en fait, il y a longtemps que nous aurions atteint le but ultime : le poids zéro !
Il n'y a que les causes perdues qui méritent qu'on les défende, que les questions sans réponse qu'il est nécessaire de poser.
Le clonage véritable n'est pas dans les éprouvettes mais sur nos murs, dans nos magasins et sur nos journaux !
Comme on a tort de croire que l'intelligence ou les facultés d'analyse peuvent nous mettre à l'abri !
Lorsqu'on cesse de boire à la source des rêves, le développement ne se fait qu'à moitié. En haut, quelque chose manque.
Dieu pleure. Le vrai. A cause du faux. Qui dirige le monde
Qui a le pouvoir de changer le cours des chemins invisibles ? On ne peut que suivre celui qui cherchent nos pas.
On ne croit plus au Prince Charmant. On s'assume. On sait bien qu'on ne pourra pas tout trouver dans un seul homme.
L'adulte est mort. La cruauté des cours de récré règne aujourd'hui dans les bureaux feutrés des multinationales.
Remplir les journées, les soirées, occuper les jambes, les têtes, les mains, les ventres, les yeux ! Surtout ne pas se poser de questions. Rien qui puisse arrêter le va-et-vient général : consommer / produire, consommer / produire !
L'amour est un chien. Un chien dont on ne sait jamais ce qu'il a dans le tête. Tu peux le caresser. Il répond à tes caresses. Et puis, un jour, il te mord, tu ne sais pas pourquoi.
Les liens invisibles laissent les marques les plus profondes.