Je suis de la génération qu'on émascule à la naissance, de la génération des enfants rois, enfants objets, enfants produits, enfants drogués, junkies infantiles qui arpentent chaque jour les rues de la ville.
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Sans doute ai-je hérité moi aussi du complexe d'Isis, celle qui réunit les morceaux dispersés, l'obsession de relier entre eux des faits épars, de reconstituer des trajectoires, un roman n'est jamais loin du rêve de reconstituer un corps.
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À lire aussi de Isabelle Sorente
On ne croit plus au Prince Charmant. On s'assume. On sait bien qu'on ne pourra pas tout trouver dans un seul homme.
Qu'importe une génération sacrifiée s'il reste l'espoir des suivantes !
Je suis de la génération dont la peau a moins de valeur que l'habit.
Qui a le pouvoir de changer le cours des chemins invisibles ? On ne peut que suivre celui qui cherchent nos pas.
Dans la même œuvre
Le vrai problème du mensonge n'est pas d'être immoral, c'est qu'il imprime dans la mémoire une trace moins forte que la vérité.
Une femme doit apprendre à se forger le caractère, elle doit apprendre à ne compter sur personne.
Nous sommes tous pareils. Adultes vus de loin, terrifiés comme des gosses dès qu'on approche de près les choses importantes.
Les hommes cachent mal qu'une femme leur plaît, qu'ils la dévorent des yeux ou fassent semblant de l'ignorer.
Je l'écoutais, muette, enivrée, flattée qu'elle me fasse partager ses réflexions intimes, qu'elle me traite comme une égale, comme une adulte. Ce piège dans lequel tombent les enfants d'aimer qu'on les vieillisse. D'aimer qu'on vole leur âge.