Auteur

Claire Favan

Choisir la vie de tueur en série demandait une rigueur hors du commun et un sens de l’anticipation surhumain.
Il y a, selon moi, deux façons d'envisager la carrière de profiler. Il y a celle qui consiste à placer le tueur au coeur de l'enquête, à lui donner un surnom affectueux et à en faire une célébrité dans l'inconscience collectif. Et il y a celle qui consiste à placer les victimes au centre de tout et à considérer leur assassin comme l'individu détraqué qu'il est. Le premier profiler cherche à récupérer une partie de l'attention suscitée par ces hommes pour sa gloire personnelle, et n'a que faire des victimes. Le second n'oublie jamais leur nom et se démène dans l'ombre pour que la série s'arrête le plus vite possible.
C'était l'absence de certitude qui les rongeait tous. Savoir, c'était pouvoir clore le chapitre et faire son deuil. Savoir, c'était pouvoir recommencer à vivre.
En amour, il avait la délicatesse d’un semi-remorque privé de freins en pleine descente.
Les femmes sont réputées pour leur sixième sens performant.
Les gens sont aveugles à ce qui ne les concerne pas. Appelle ça de l'indifférence, de l'égoïsme, de la crédulité. Le tout c'est de se glisser à la périphérie de leur seuil d'alerte.
Ils n'oublieront jamais leurs doutes parce que la vérité les intéresse moins que la satisfaction de leur curiosité malsaine.
Le salut froid et rigide de son collègue ainsi que sa poignée de main fuyante et molle apprirent à RJ ce qu'il voulait savoir. Jonas serait son plus fervent détracteur.
Malheureusement, les meilleures choses avaient toutes une fin, à l’inverse des mauvaises.
Il imagine la maladie comme un chat jouant avec une souris, relâchant sa victime juste le temps nécessaire pour qu'elle reprenne gout à la vie, avant de la broyer à nouveau entre ses crocs.
Il n'y a rien de pire qu'une disparition. C'est une course de fond dont les participants ignorent la durée, la distance à parcourir et la finalité.
Il n'y a pas des centaines de possibilités à prendre en compte lorsqu'un proche s'évapore dans la nature. Si certains ont choisi de disparaître volontairement et de refaire leur vie sans nous, les autres n'ont rien demandé et ont sans doute été fauchés par la mort.
Une personne disparue le reste souvent peu de temps. Les premières quarante-huit heures sont déterminantes. Passé soixante-douze heures, nous devons envisager des hypothèses plus inquiétantes et désagréables pour la famille.
En aucun cas, détester quelqu’un ne peut se faire dans la nuance. La palette de couleurs passe du blanc au noir sans transition.
Quand on vit dans la société, on est endoctriné dès qu'on naît pour suivre un mode de pensée unique, pour consommer la même chose que tout le monde, pour obéir sans faire de vagues, pour fuir ceux qui pensent différemment, pour les dénoncer, les éliminer. Le dogme fixe les actes et le champ des possibles. Ces gens-là ont un seul chemin, une seule destinée, ce sont des fantômes qui n'existent pas.
La société, ce sont tous ceux qui alimentent le système et la conviction que la normalité est la seule voie possible.
C'est ça qui est surprenant avec la mort, c'est qu'elle ne vous envoie pas de ban avant de faire une entrée en fanfare dans votre vie...
C’est vrai que le mal est plus rapide, plus facile, plus séduisant, quand on évite de se demander ce que ce choix va nous faire perdre en chemin.
Ton prix. Tout le monde est à vendre à partir d’un certain seuil. Quel est le tien ?
Aujourd'hui, les masses hurlantes, manipulées par les réseaux sociaux et les médias sans scrupules, sont capables de faire pencher la balance de la justice.
Le but des parents, c'est de faire en sorte de pousser leurs enfants une marche au-dessus de la leur, pour que chaque génération soit mieux lotie que la précédente.
Je trouve dommage que les personnes qui ont des handicaps visibles ou, comme le mien, invisibles sauf au niveau du comportement soient aussi mal traitées et accueillies au sein de l'école. C'est comme si on subissait une double punition : notre état pas forcément toujours facile à gérer, et le poids malsain et cruel du regard des autres. Une fois qu'ils vous ont pris en grippe, plus rien ne peut changer. On est pris au piège.
Ce sont des enfants qui se font humilier, frapper et mettre à l'écart à cause de leur handicap. C'est être obligé de changer d'école parce que personne ne trouve de solution pour nous intégrer là où nous sommes.
Une graine pourrie a été plantée dans le coeur de ce garçon. Dans le terreau de sa haine, elle germe, tant et si bien qu'elle ravage tout ce qu'il aurait pu devenir.
Il suffit d'une graine pourrie pour que tout le sac soit contaminé.

Œuvres de Claire Favan

Apnée noire (2014)Dompteur d'Anges (2017)Inexorable (2018)Le tueur de l'ombre (2011)Le tueur intime (2000)Les cicatrices (2020)Miettes de sang (2015)Serre-moi fort (2016)