Auteur

Anne Sinclair

J'ai la possibilité d'être critique parce que je n'ai plus de responsabilité éditoriale.
Au point où j'en suis de ma vie et de ma carrière, je me sens, oui, assez libre
Nicolas Sarkozy a toujours envie de se remettre dans l'histoire quel que soit son interlocuteur et, finalement, de parler de lui à travers les autres.
Quand on interviewe au fil des jours, on est dans l'action, on la partage, même si on met le zoom plus ou moins près de l'événement ou de la personne. L'exercice de la chronique se fait aussi au jour le jour, mais il donne une distance que seule l'écriture permet.
La presse fait son métier, elle est un miroir, un amplificateur. Nous sommes passés d'une démocratie représentative à une démocratie d'opinion, puis d'émotion. Toute émotion, bonne ou mauvaise, est un déclencheur de réactions.
Dire que Trump, c'est le peuple, alors qu'il s'agit d'un milliardaire sexiste, raciste, homophobe... Lorsqu'il a été élu, j'ai ressenti l'inquiétude fondamentale qu'ont connue mes parents, mes grands-parents, face à un monde inconnu dans lequel il pouvait se passer n'importe quoi d'imprévisible, de dangereux.
Quand j'ai commencé en tant que journaliste, les femmes s'occupaient de consommation, d'éducation. Puis nous avons eu le droit d'entrer dans les sujets régaliens : la politique intérieure, étrangère, l'économie... J'ai bénéficié à ce moment-là d'une sorte de privilège de minorité : comme il y avait peu de femmes, les gens étaient plus attentifs, y compris les politiques, qui nous respectaient parce qu'on osait aller sur un terrain qui n'était pas balisé.
Depuis une quinzaine d'années, je trouve que le journalisme est devenu une des professions les plus égalitaires qui soient. Il y a eu les femmes reporters de guerre, et c'était très nouveau.
Aussi bon soit-on en tant qu'intervieweur, on est là pour obtenir quelque chose, on peut poser une question, la reposer, mais l'interlocuteur a le dernier mot. Et il faut le savoir.
Je pense qu'il faut savoir partir de soi-même. J'espère ne pas être à l'antenne jusqu'à 75 ans.
Je ne savais rien, je fais confiance, je ne fliquais rien.
Quand j'avais des doutes, car j'en ai eu, des doutes, Dominique me donnait toutes les assurances.
Il a y a du déni de la femme qui ne veut pas voir.
Je me demande parfois si vingt ans de ma vie ont été vingt ans de mensonges.
On ne lâche pas un homme à terre.
On rencontre toujours ses propres limites dans l'appréciation qu'on porte sur la modernité.
Qui met vraiment en danger les institutions ? (...) La justice qui demande des comptes aux hommes politiques, ou ceux qui sont censés en être les garants et qui refusent de témoigner alors qu'ils sont soupçonnés dans des affaires de corruption ?
En politique, les morts se relèvent toujours.
Je m'insurge contre cette tendance qui veut que la transparence soit ­devenue une exigence absolue. Je revendique le secret comme étant vital pour la sauvegarde personnelle, les rapports humains, comme la politique, d'ailleurs. Hollande n'aurait jamais dû se confesser aux deux journalistes du Monde, encore moins révéler des secrets d'État. On vit une époque folle.
J'ai déposé le sac à dos des tourments, je me sens légère.
Être de gauche, c'est ne pas se satisfaire de ce qui existe.
Je ne suis plus adaptée à la télé d'aujourd'hui.
Je travaille beaucoup, je fais plus de sport qu'à 40 ans, je ne me sens ni ralentie, ni diminuée et j'aime me sentir séduisante.
Il y a tant d'hommes de 50 ans qui me paraissent « affreux, sales et méchants », pour jouer avec le titre de l'excellent film d'Ettore Scola, que je n'ai aucun complexe !
Il est sain de faire autre chose que de se regarder dans un éternel miroir !

Œuvres de Anne Sinclair

21 rue La Boétie (2012)Caméra subjective (2002)Interview Grazia, par Lise Martin Le 06 mars 2017Interview Vanity Fair, mars 2017Interview accordée au magazine Elle, le 25 janvier 2019