Œuvre

Mille grues de papier (2013)

Juillet, mois féminin, aux jupes légères que soulève le vent, par jeu, sans penser à mal.
Je n'aime que les arbres et les forêts intègres, les merveilleuses forêts qui passent au fil du ciel.
On ne trouve plus de fers à chevaux sur nos chemins de campagne. Les enclumes dorment au Musée des traditions populaires, près des fléaux et des varlopes.
Et la lumière fut. Elle était noire.
Corbeaux, flocons noirs au faîte des arbres nus. Serrés dans leurs ailes étoffées par le froid.
La rivière ne voit jamais le dessus du pont.
Ecrire, travailler la terre, je sarcle le langage, bouscule les mottes des signifiants. La glaise colle à mon stylo.
La nuit, tous les chats sont funambules, enfants de la balle et des cerceaux, sorciers du lieu dit Les sept marches. Auréolés de lune rousse.
Après tout, mourir n'est sans doute pas plus douloureux que naître. L'acte était si violent, nous l'avons oublié. Mourir, nous oublierons aussi.
Sur la marelle des rues, nous avons joué, un peu. La fête ne fut pas assez longue. Les disques s'enrayent. On démonte les manèges.