Œuvre
Les Ballades lyriques (1798)
Le pouvoir se manifeste beaucoup plus facilement dans la destruction que dans la création.
Ces petits gestes, anonymes et oubliés, emplis de gentillesse et d'amour, sont la meilleure partie de la vie d'un homme.
Le but principal de ces poèmes a consisté à choisir des incidents et des situations de la vie de tous les jours et de les raconter ou les décrire en leur entier, si possible dans une langue proche du parler ordinaire, et de les rehausser par une certaine tonalité imaginative de sorte que le banal pût se présenter à l'esprit de façon inusitée.
Le coeur battant d'espoir et de crainte - \r\nÀ la nuit tombée le lendemain, ma luciole - \r\nBrillait sous son arbre. « Ici, voyez ! », - \r\nDis-je à Lucy. Oh ! sa joie et oh ! la mienne
Je le lui ai raconté ; son rire - \r\nSonne clair à mes oreilles. - \r\nEt lorsque me revient cette soirée, - \r\nJ'ai les yeux embués de larmes
Elle était mon espérance, grandie - \r\nLoin des cités, sur une lande désolée ; - \r\nDes lèvres rouges comme la rose, - \r\nLes cheveux une couronne de chèvrefeuille
Avant de voyager sur terre - \r\nVers de lointains sommets, - \r\nJe ne savais pas, Angleterre, - \r\nÀ quel point je t'aimais. - \r\n\r\n - - Il est pas de triste rêve, - \r\nC'est fini pour toujours, - \r\nJe ne veux plus quitter ta grève, - \r\nPays de mes amours !
Avant de voyager sur terre - \r\nVers de lointains sommets, - \r\nJe ne savais pas, Angleterre, - \r\nÀ quel point je t'aimais. - \r\n\r\n - - Il est pas de triste rêve, - \r\nC'est fini pour toujours, - \r\nJe ne veux plus quitter ta grève, - \r\nPays de mes amours !
Dans tes vallons ; sur ta falaise - \r\nLucie enfant jouait ; - \r\nC'est dans une chaumière anglaise - \r\nQue chanta son rouet. - - \r\n\r\nSa tombe est à toi, ma patrie, - \r\nCouverte par tes cieux, - \r\nÀ toi ma dernière prairie - \r\nQui réjouit les yeux
Parmi les libres monts trois ans elle grandit - \r\nÀ la pluie, au soleil. La Nature alors dit : - \r\nÔ belle fleur à peine éclose ! - \r\nCette enfant sera mienne et je l'adopterai, - \r\nEt je veux lui donner, modelée à son gré, - \r\nLa noblesse dont je dispose. - - \r\n\r\nJe veux être pour elle impulsion et loi,\r\n - Oui, je veux que vivant à toute heure avec moi,\r\n - Et vivant aux lieux où je règne,\r\n - Dans les cieux ou les monts, les champs ou les forêts,\r\n - Elle sente un Pouvoir au regard toujours près\r\n - Qui enflamme ou qui la contraigne.\r\n\r\n - - Elle sera pareille au faon grisé d'air pur\r\n - Qui bondit dans les prés, ou pour boire l'azur\r\n - Vers le sommet des monts s'élance ;\r\n - Elle aura le parfum des fleurs qui s'exhale des bois,\r\n - Le doux parfum des fleurs sans pensée et sans voix,\r\n - Elle aura leur joyeux silence.
Je veux lui faire aimer les étoiles des nuits, - \r\nEt pensive, fêter l'oreille aux vagues bruits, - \r\nÀ ce capricieux murmure - \r\nVenu des deux secrets où dansent les ruisseaux ; - \r\nEt la grâce qui naît du murmure des eaux - \r\nSe répandra sur sa figure.\r\n
Aspirés à longs traits, le bonheur et l'air sain - \r\nGrandiront sa stature et gonfleront son sein - \r\nDe jeune vierge vigoureuse, - \r\nJe veux ainsi l'instruire et la former ainsi - \r\nPendant que nous vivrons toutes les deux ici - \r\nDans cette solitude heureuse.
Ô Nature ! pourquoi celle que tu formais, - \r\nCelle que j'aime, est-elle endormie à jamais ? - \r\nJe suis seul dans le val champêtre, - \r\nJ'erre seul sur la lande où riait notre amour, – - \r\nAvec le souvenir de ce qui fut un jour - \r\nEt qui ne peut plus jamais être
Un sommeil scellait mon esprit - \r\nJe n'avais plus de peurs humaines : - \r\nElle semblait être une chose qui ne pouvait sentir - \r\nLa main des années terrestres. - - \r\n\r\nPour elle maintenant, ni mouvement, ni force, - \r\nElle n'entend ni ne voit - \r\nEmportée dans la volte diurne de la terre,\r\n - Avec rochers, pierres et arbres
La poésie est le souffle et l'esprit le plus noble de tout savoir […] Elle est immortelle comme l'est le coeur humain.
La poésie naît de l'émotion remémorée dans la quiétude.
Bien que rien ne puisse ramener le temps - \r\nDe l'éclat de l'herbe, de la splendeur des fleurs ; - \r\nNous ne nous lamenterons pas, mais - puiserons des forces dans ce qui en subsiste.\r\n
Bien que rien ne puisse ramener l'heure de la splendeur dans l'herbe, de la gloire dans la fleur, nous ne nous affligerons pas, mais trouverons la force dans ce qu'il en subsiste.
J’errais solitaire comme un nuage - \r\nQui flotte au-dessus des vallées et des monts, - \r\nQuand tout-à-coup je vis une nuée, - \r\nUne foule de jonquilles dorées ; - \r\nÀ côté du lac, sous les branches, - \r\nBattant des ailes et dansant dans la brise.
J’errais solitaire comme un nuage - \r\nQui flotte au-dessus des vallées et des monts, - \r\nQuand tout-à-coup je vis une nuée, - \r\nUne foule de jonquilles dorées ; - \r\nÀ côté du lac, sous les branches, - \r\nBattant des ailes et dansant dans la brise.