Œuvre
La Vie d'une autre (2007)
Aimer, c'est toujours donner.
L'attendre ou le précéder, mais savoir ce qu'on fait de sa vie auprès de l'autre, pourquoi on est là, ou pourquoi on n'y est pas. L'absence aussi dit des choses que les êtres se cachent.
On dit toujours que ce qui ne nous tue pas nous rend plus forts, mais on devrait ajouter que ce qui nous mine quotidiennement finit par nous tuer!
Le chagrin est une blessure qui demande à saigner pour pouvoir guérir.
Capter l'image d'un instant, ça ne veut pas obligatoirement dire savoir le photographier.
A tout âge, quelles que soient les convenances stupides d'un environnement ou d'une morale, on a encore droit au bonheur quand on s'est trompé.
Peut-être dans un cri d'amour faut-il être deux à crier, et quand l'autre se tait, où en est-on?
Ce qu'on écoute entre les sons, ce sont les silences qui servent à entendre les pensées.
Peut-on en aimer un autre encore quand on en a trop aimé un seul?
Un couple, c'est une association de malfaiteurs. Au bout de quarante-cinq ans, on ne sait toujours pas lequel des deux aime le plus, lequel souffre le plus, lequel s'en contente.
Ne pas se sentir belle dans le regard de l'autre, ne plus avoir d'importance à ses yeux, être absente de sa lumière, est la plus certaine des fins.
Ne jamais s'endormir sans penser que demain tout ira mieux.
Jouer, c'est remonter le courant de la peur, aller à la recherche de la partie de soi qu'on ne connaît pas.
J'ai toujours horreur des salles à manger ou chambres où, immanquablement, sur une des tables, trône l'évidence arrêtée d'un couple souriant dans la blancheur immaculée de son union. L'horreur conjugale encadrée.
L'idée c'est toujours de regarder ses rêves, pour les réaccorder à la vie. Savoir ce qu'on a perdu, savoir ce qui est encore là. Qu'est-ce qu'on ne donne plus et pourquoi.
A quel moment avons-nous oublié que l'amour est un feu qu'il faut nourrir?
Je n'oublierai jamais, qu'aimer c'est toujours donner.
Tout plutôt que le non-être, le non-recevoir, le non-dit, le non. Tout plutôt que l'anonymat soudain de deux personnes qui se côtoient et ne savent plus rien de l'autre que ses soucis quotidiens, ses rythmes intestinaux.
Tu as touché à la seule chose qu'il ne fallait pas toucher, la seule chose pour laquelle je ne peux pas pardonner. Tu as touché à mon amour.
Ce qu'on écoute entre les sons, ce sont les silences qui servent à entendre les pensées. C'est la raison pour laquelle, dans la vie courante, nous avons peur du silence et nous le comblons sans cesse.
J'ai de trop beaux souvenirs pour être triste de les accumuler.
Donner de soi dans une page devrait toujours s'apparenter à une envolée, même si personne ne lit.