Auteur

Frédérique Deghelt

Dans la vie on ne dit pas tout ce qu'on pense, on ne pense pas tout ce qu'on dit et l'on ne fait pas non plus tout ce qu'on croit.
Toute révélation contient un acte d'amour mais est-ce bien ce que voit celui qui connaît désormais notre secret?
Nous sommes aveugles et ce que nous voyons chez nos plus proches c'est ce que nous croyons savoir d'eux.
Aimer, c'est toujours donner.
L'attendre ou le précéder, mais savoir ce qu'on fait de sa vie auprès de l'autre, pourquoi on est là, ou pourquoi on n'y est pas. L'absence aussi dit des choses que les êtres se cachent.
On dit toujours que ce qui ne nous tue pas nous rend plus forts, mais on devrait ajouter que ce qui nous mine quotidiennement finit par nous tuer!
Il ne peut y avoir de décisions innocentes quand les enfants deviennent les parents de leurs parents.
Notre vie est bâtie comme une série de pays reliés par des ponts.
Bonnes ou mauvaises, les conséquences de nos actes sont toujours des mystères.
Pourquoi faut-il en venir à réclamer la permission d'exister à ses enfants? Comme s'il ne suffisait pas déjà d'être griffée par le temps.
Peu importe la façon dont on libère les idées. Si quelque chose s'écrit dans nos coeurs, même en secret, la résonance de cette parole s'en va dans le réservoir des mots, là où puisent les créateurs.
La mer quand on la rencontre tardivement, nous souffle l'idée que sans elle vous étiez orphelin.
L'école de Jules Ferry m'avait appris à lire, celle de la lecture allait m'apprendre à vivre.
Les miroirs n'ont aucune importance quand on vit depuis très longtemps dans le regard amoureux d'un être que l'on connaît par coeur.
Nous, les vieux, avons encore dans nos mémoires des choses racontables afin qu'ils tiennent d'une main la confiance en l'avenir et de l'autre une trace du passé.
On cherche maintenant à gommer le temps qui précède la mort. On voudrait pour cela soustraire les vieux vivants que nous sommes, de peur qu'ils n'encombrent le regard de ceux qui veulent oublier que toute destinée a une fin.
Je crois qu'il y a des endroits du corps que nous ignorons. Il sont pourtant à portée de regard et de main, mais nous ne savons tout simplement qu'ils existent, et qu'ils aspirent à être touchés, réveillés même.
Je crois moi que si les femmes lisent tant c'est parce qu'elles peuvent entendre ce qui n'est pas dit et qu'elles n'ont jamais peur que les sentiments laissent sur elles ces traces qui existent déjà dans leur coeur.
Le droit à l'érudition appartient aux riches. Pour les pauvres, avoir appris à lire c'est savoir ânonner plus ou moins bien nager dans l'univers des lettres, celles de l'alphabet et non celles de la littérature!
Ce qui vient du coeur a du mal à se juger.
La part de rêve qui m'offre la lecture me révèle une réalité, la mienne.
On le voit bien chaque jour dans nos pauvres petites existences. On oublie si facilement que tout peut s'arrêter d'un moment à l'autre.
L'angoisse des questions qu'on ne pose pas, cache la pauvreté des réponses.
Le chagrin est une blessure qui demande à saigner pour pouvoir guérir.
Capter l'image d'un instant, ça ne veut pas obligatoirement dire savoir le photographier.

Œuvres de Frédérique Deghelt

L'oeil du prince (2014)La Nonne et le Brigand (2011)La Vie d'une autre (2007)La grand-mère de Jade (2009)Les Brumes de l'apparence (2014)Ma nuit d'amour (2011)