J'ai toujours horreur des salles à manger ou chambres où, immanquablement, sur une des tables, trône l'évidence arrêtée d'un couple souriant dans la blancheur immaculée de son union. L'horreur conjugale encadrée.

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Un couple, c'est une association de malfaiteurs. Au bout de quarante-cinq ans, on ne sait toujours pas lequel des deux aime le plus, lequel souffre le plus, lequel s'en contente.
Aimer, c'est toujours donner.
Tout plutôt que le non-être, le non-recevoir, le non-dit, le non. Tout plutôt que l'anonymat soudain de deux personnes qui se côtoient et ne savent plus rien de l'autre que ses soucis quotidiens, ses rythmes intestinaux.
Ce qui vient du coeur a du mal à se juger.
A tout âge, quelles que soient les convenances stupides d'un environnement ou d'une morale, on a encore droit au bonheur quand on s'est trompé.
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Dans la même œuvre

Aimer, c'est toujours donner.
L'attendre ou le précéder, mais savoir ce qu'on fait de sa vie auprès de l'autre, pourquoi on est là, ou pourquoi on n'y est pas. L'absence aussi dit des choses que les êtres se cachent.
On dit toujours que ce qui ne nous tue pas nous rend plus forts, mais on devrait ajouter que ce qui nous mine quotidiennement finit par nous tuer!
Le chagrin est une blessure qui demande à saigner pour pouvoir guérir.
Capter l'image d'un instant, ça ne veut pas obligatoirement dire savoir le photographier.