Œuvre

Elégies

A peine ouverte au jour, ma rose s'est fanée.
L'art ne fait que des vers: le coeur seul est poète.
Le moment d'être sage est voisin du tombeau.
Songes qui, sans tromper par une vanité, - Dessous un voile obscur montrent la vérité.
La matière demeure et la forme se perd!
Triste et mourant à son aurore - Un jeune malade, à pas lents, - Parcourait une fois encore - Le bois cher à ses premiers ans.
Je meurs. Avant le soir j'ai fini ma journée. - A peine ouverte au jour ma rose s'est fanée. - La vie eut bien pour moi de volages douceurs; - Je les goûtais à peine, et voilà que je meurs.
L'amour aime les champs, et les champs l'ont vu naître.
J'allusionnais lors, et cela de très près - A la défense par ces mains de tel corsage ...
Le malheur des bons fait le bonheur des méchants.
Les amants malheureux vieillissent en un jour.
Oh! de se confier noble et douce habitude! - Non, mon coeur n'est point né pour vivre en solitude.
Mais comment voudriez-vous la France abandonner, - Quand tous les étrangers y veulent retourner ?
Je deviens un corps mort, pâle, exsangue et glacé, - Que l'âme son hôtesse en sortant a laissé - Sans esprit, sans chaleur, sans puissance ni force.
Et que le jersey pur et souple rampe au corps - Que j'adore, et non plus de tels falbalas discords.
Ne vois-tu pas le sang, lequel dégoutte à force - Des Nymphes qui vivaient dessous la dure écorce ?
L'art ne fait que des vers, le coeur seul est poète.
D'elle tu as voulu être amoureux; - Et puis te plains que tu es douloureux! - Sais-tu pas bien qu'amour a de coutume - D'entremêler ses plaisirs d'amertume? - - Refus, oubli, jalousie, et langueur, - Suivent amours.
Je veux qu'en amour, une femme accorde tout ce qu'elle ne prétend pas refuser.
Il est si doux, si beau, de s'être fait soi-même, De devoir tout à soi, tout aux beaux-arts qu'on aime.
Ah ! périsse celui qui peut aimer avec indifférence !
Quel grand amour s'est enfui en si peu de temps !