Ne blâmez point doncques notre jeunesse - Car noble coeur ne cherche que soulas.
Coeur sans amour toujours loyer demande.
Vertu n'a pas en amour grand'prouesse.
Adieu le temps qui si bon a été - Par seul amour.
Car l'hiver qui s'apprête - A commencé à neiger sur ma tête.
Sur le printemps de ma jeunesse folle, - Je ressemblais l'arondelle qui vole - Puis çà, puis là: l'âge me conduisait, - Sans peur ni soin, où le coeur me disait.
Amour fait vivre, et - Crainte fait mourir.
Sais-tu pas bien qu'en coeur de noble dame - Loger ne peut ingratitude infâme?
Le beau verger des lettres plantureux - Nous reproduit ses fleurs et grand jonchées.
Bref, nul ne peut (soit par feu, sang ou mine) - Gagner profit en guerre féminine.
Si disent les vieux quolibets - Qu'on ne voit pas tant de gibets - En ce monde que de larrons.
J'avais un jour un valet de Gascogne, - Gourmand, ivrogne, et assuré menteur, - Pipeur, larron, jureur, blasphémateur, - Sentant la hart de cent pas à la ronde, - Au demeurant le meilleur fils du monde.
Le pauvre esprit qui lamente et soupire - Et en pleurant tâche à vous faire rire.
Petit feu ne peut jeter grand lustre.
Un homme ne peut bien écrire, - S'il n'est quelque peu bon lisart.
Des sages Dieu la sagesse réprouve, - Et des petits l'humilité approuve, - Auxquels il a ses secrets révélés, - Qu'il a cachés aux sages, et célés.
D'être content sans vouloir davantage, - C'est un trésor qu'on ne peut estimer.
... - Mon beau printemps et mon été - Ont fait le saut par la fenêtre. - Amour, tu as été mon maître: - Je t'ai servi sur tous les dieux. - O si je pouvais deux fois naître, - Comme je te servirais mieux!
Adieu amours, adieu gentil corsage, - Adieu ce teint, adieu ces friands yeux. - Je n'ai pas eu de vous grand avantage. - Un moins aimant aura peut-être mieux.
Donnez-nous grand foison de vin.
Le grans Erasme ici repose - Quiconque n'en sait autre chose - Aussi peu qu'une taupe il voit - Aussi peu qu'une pierre il oit.
Tout vient à point à qui peut attendre.
Corps féminin, coeur d'homme et tête d'ange.
Amour, tu as été mon maître: - Je t'ai servi sur tous les dieux. - O si je pouvais deux fois naître, - Comme je te servirais mieux!
Adieu la Cour, adieu les dames, - Adieu les filles et les femmes, - Adieu vous dis pour quelques temps, - Adieu vos plaisants passe-temps; - Adieu le bal, adieu la danse, - Adieu mesure, adieu cadence, - Tambourins, hautbois et violons, - Puisqu'à la guerre nous allons
Œuvres de Clément Marot
A propos de Marguerite de Navarre.Ballade des enfants sans souciChansonsChansons, XIXDialogue de deux amoureuxEglogue au roi sous les noms de Pan et RobinElégie, IElégie, VIIIElégiesEpigrammes, CCVIIIEpigrammes, CCXIII, de soi-mêmeEpigrammes, CCXIVEpitaphe de Didier ErasmeEpître au RoiEpîtresEpîtres, 1Epîtres, Au roi pour avoir été dérobéEpîtres, Du coq à l'âneEpîtres, IEpîtres, Pour le capitaine Raisin audit seigneur de la Rocque