Les multitudes ont une tendance à accepter le maître. Leur masse dépose de l'apathie. Une foule se totalise aisément en obéissance.
Quand deux coeurs en s'aimant ont doucement vieilli - Oh! quel bonheur profond, intime, recueilli!
L'enfer, c'est l'absence éternelle. C'est d'aimer. - C'est de dire: Hélas! où donc est-elle, - Ma lumière? Où donc est ma vie et ma clarté?
Il vient une heure où protester ne suffit plus; après la philosophie il faut l'action: la vive force achève ce que l'idée a ébauché.
Car la jeunesse est admirable, - la joie emplit nos sens hardis; - et la femme est le divin diable - qui taquine ce paradis.
Monsieur, j'ai pour principe, écoutez bien cela, d'admirer l'admirable et de m'en tenir là.
Sur mon passé rien ne surnage - Des vains rêves de mon jeune âge - Que le sort chaque jour dément; - L'amour éteint pour moi sa flamme; - Et jamais la voix d'une femme - Ne dira mon nom doucement!
Oh! qu'il est cruel d'aimer alors qu'on est séparé de l'être qu'on aime! bien peu de coeurs ont connu cette douleur dans toute son étendue, parce que bien peu de coeurs ont connu l'amour dans toute sa profondeur.
Faire des «compliments» à celle qu'on aime est la première façon de faire des caresses, demi-audace qui s'essaie.
Devant la volupté le coeur recule, pour mieux aimer.
Le permanent et l'immuable subsistent. On s'aime, on se sourit, on se rit, on se fait des petites moues avec le bout des lèvres, on s'entrelace les doigts des mains, on se tutoie, et cela n'empêche pas l'éternité.
Pour nous, en ajournant le développement de notre pensée à une autre occasion, nous nous bornons à dire que nous ne comprenons ni l'homme, comme point de départ, ni le progrès comme but, sans ces deux forces qui sont les deux moteurs: croire et aimer.
Aimer, c'est avoir une lumière dans le coeur. Là vie peut distraire d'une pensée; un nuage peut dérober l'étoile; cela n'empêche pas l'étoile et la pensée d'être fixes, l'une au fond du ciel, l'autre au fond de l'âme.
J'ai mal dormi. C'est votre faute. - J'ai rêvé que, sur des sommets, - Nous nous promenions côte à côte, - Et vous chantiez, et tu m'aimais.
J'ai toute la nuit eu la fièvre. - Je vous adorais en dormant; - Le mot amour sur votre lèvre - Faisait un vague flamboiement.
Il n'y a guère autre chose que cela dans le monde: S'aimer.
Je ne vous comprendrai pas, mais je vous écouterai. Quand on entend les voix qu'on aime, on n'a pas besoin de comprendre les mots qu'elles disent. Etre là ensemble, c'est tout ce que je veux.
Ne craignez rien: dans l'amoureux empire, - Le mal n'est pas si grand que l'on le fait; - Et, lorsqu'on aime et que le coeur soupire, - Son propre mal souvent le satisfait.
Le mal d'aimer, c'est de vouloir le taire: - Pour l'éviter, parlez en ma faveur. - Amour le veut, n'en faites point mystère.
Alors l'herbe m'invite et le pré me convie; - Alors j'absous le sort, je pardonne à la vie, - Et je dis: pourquoi faire autre chose qu'aimer? - Je sens, comme au dehors, tout en moi s'animer.
L'amour, c'est là l'unique extase. Tout le reste pleure. Aimer ou avoir aimé, cela suffit. Ne demandez rien ensuite. On n'a pas d'autre perle à trouver dans les plis ténébreux de la vie. Aimer est un accomplissement.
Voici la chose nécessaire: Etre aimé. Hors de là rien n'existe, entends-tu? Etre aimé, c'est l'honneur, le devoir, la vertu.
Tous ces faux biens qu'on envie - Passent comme un soir de mai. - Vers l'ombre, hélas! tout dévie. - Que reste-t-il de la vie, - Excepté d'avoir aimé!
Je suis haï. Pourquoi? Parce que je défends - Les faibles, les vaincus, les petits, les enfants. - Je suis calomnié. Pourquoi? Parce que j'aime - Les bouches sans venin, les coeurs sans stratagème.
Quand la lune se lève, songe-t-on au soleil couché?
Œuvres de Victor Hugo
A maman, Poème écrit le 27 septembre 1816.A propos de Shakespeare.Actes et Paroles (1875-1876)Actes et Paroles (1875-1876), Avant l'exilActes et Paroles (1875-1876), Avant l'exil, 2 mars 1848Actes et Paroles (1875-1876), III, XXII, Pour un soldat, février 1875Actes et Paroles (1875-1876), IV, Discours pour Voltaire, 30 mai 1878Actes et Paroles (1875-1876), Pendant l'exil, 24 février 1855Actes et paroles - Pendant l'exil (1875), 5 septembre 1870Amy RobsartAngelo, tyran de Padoue (1835)ApocrypheAprès l'hiverAristophaneAux membres du Congrès international pour l'avancement des sciences sociales, 22 septembre 1862.Aux élus de droite de la chambre des députés.Bug-Jargal (1826)Carnets, albums, journauxChoses vues (1849-1869)Choses vues (1849-1869), 1849