L'homme cultivé croit toujours qu'il se doit de protéger la nature alors qu'en fait, il est totalement dominé par cette dernière.
Auteur
Thomas Bernhard
235 citations · citations de Thomas Bernhard sur Dicocitations ↗
· biographie ↗
L'enfance est vite usée, vieillir c'est se rappeler son enfance.
Les maladies sont le plus court chemin de l'homme pour arriver à soi.
Toujours vouloir tout changer, c'est un besoin insatiable, un plaisir infâme, et cela mène aux plus pénibles déchirements.
Pour pouvoir survivre, il nous faut toujours penser sérieusement des pensées qui ne sont jamais prises au sérieux, pensé-je.
Un comédien a-t-il du succès dans un rôle, il dit que c'est son rôle préféré, n'a-t-il pas de succès dans son rôle, il ne dit pas que c'est son rôle préféré.
La plupart des gens ne nous intéressent pas vraiment, ai-je tout le temps pensé, presque tous ceux que nous rencontrons ne nous intéressent pas, ils n'ont rien d'autre à nous offrir que leur misère de masse, leur bêtise de masse, et ils nous ennuient pour cette raison et nous n'avons naturellement strictement rien à voir avec eux.
Entrer dans la nature et inspirer et expirer dans cette nature, et être effectivement et pour toujours chez soi uniquement dans cette nature, c'était cela, il le sentait, le bonheur suprême.
Les grands-pères sont les maîtres, les véritables philosophes de tout être humain, ils ouvrent toujours en grand le rideau que les autres ferment continuellement.
Les grands-pères placent la tête de leur petit-fils là où il y a au moins quelque chose d'intéressant à voir, bien que ce ne soit pas toujours quelque chose d'élémentaire, et, par cette attention continuelle à l'essentiel qui leur est propre, ils nous affranchissent de la médiocrité désespérante dans laquelle, sans les grands-pères, indubitablement nous mourrions bientôt d'asphyxie.
Et si toute la vie nous recevions sans interruption les réponses à des questions et si nous avions finalement trouvé les réponses de toutes les questions, en fin de compte, nous n'aurions quand même pas beaucoup avancé.
Les écoles sont des usines de sottise et d'esprit perverti.
Les mots les plus lourds ne sont pas toujours ceux qui ont le plus de poids, tout comme les phrases les plus lourdes ne sont pas toujours celles qui ont le plus de poids.
La photographie est une falsification sournoise, perverse, toute photographie, peu importe qui photographie, peu importe qui elle représente, est une atteinte absolue à la dignité humaine, une monstrueuse falsification de la nature, une ignoble barbarie.
Ce n'est que lorsque nous avons une notion juste de l'art que nous avons aussi une notion juste de la nature.
Dans une ville qu'on aime on a toujours quelqu'un qu'on aime.
Car celui qui cesse d'élargir ses connaissances et de fortifier son caractère, c'est-à-dire de travailler sur soi afin de tirer de soi le meilleur parti possible, a cessé de vivre.
L'ensemble des gens ne se donnent du mal, dirait-on, qu'aussi longtemps qu'ils peuvent attendre des diplômes stupides avec lesquels ils peuvent se pavaner en public, lorsqu'ils ont en main un nombre suffisant de ces diplômes stupides, ils se laissent aller.
Lorsque nous causons avec un professeur, nous découvrons bientôt que, par mécontentement de soi, il a un caractère à détruire les hommes, oui, à détruire le monde en fin de compte, tout comme lorsque nous nous entretenons avec un juge.
La majeure partie du genre humain, surtout en Europe centrale, feint de travailler, joue continuellement la comédie du travail qui a aussi peu à voir avec le travail véritable que la véritable et réelle comédie avec la vraie vie réelle.
Pourquoi, lorsqu'il s'agit des autres, insistons-nous pour ainsi dire toujours d'abord et davantage sur les insuffisances, les défauts, que sur les qualités.
La mort ne doit en aucune façon redresser l'image que nous avons d'un homme.
Le catholicisme est le grand destructeur de l'âme enfantine, le grand inspirateur de crainte, le grand exterminateur du caractère de l'enfant.
Nous passons toute notre vie à nous comprendre nous-mêmes et nous n'y arrivons pas, comment pouvons-nous croire que nous pourrions comprendre quelque chose qui n'est même pas nous.
Seul un fou prône la solitude et, pour finir, être complètement seul ne signifie rien d'autre qu'être complètement fou.
Œuvres de Thomas Bernhard
Béton (1982)Des arbres à abattre (1987)Extinction (1986)Gel (1962)L'Origine: Simple indication (1981)La Cave (1976)Le Neveu de Wittgenstein (1982)Le froid (1984)Le naufragé (1983)Le souffle (1980)Les Mange-pas-cher (1980)Maîtres anciens (1985)Mes prix littéraires (2010)Oui (1980)Perturbation (1967)Un enfant (1982)