Auteur

Thomas Bernhard

Tout, chez tout le monde, n'est que divertissement, dérivatif à la mort.
Celui qui lit tout n'a rien compris.
Nous ne maîtrisons que ce que nous trouvons finalement ridicule, c'est seulement lorsque nous trouvons le monde et la vie qu'on y mène ridicules que nous avançons, il n'y a pas d'autre, pas de meilleure méthode.
Seul l'imbécile admire, l'intelligent n'admire pas, il respecte, estime, comprend, voilà.
Se faire comprendre est impossible.
Les maladies sont le plus court chemin de l'homme pour arriver à soi.
Plus les gens deviennent cultivés, plus leur bavardage devient insupportable.
La mort ne doit en aucune façon redresser l'image que nous avons d'un homme.
La jeunesse est un défaut... Mais le défaut de l'âge, c'est de voir les défauts de la jeunesse.
... le temps fait toujours de ses témoins des témoins oublieux.
Les femmes se font aussi une idée tout à fait fausse de leur mari, on ne devrait pas se marier, tout simplement. La femme est faite pour le mariage, oui, mais pas l'homme.
La vérité, c'est bien que je me fais l'effet d'un mort, d'un mort qui a encore à vivre.
L'admiration est plus facile que le respect, que l'estime, l'admiration est le propre de l'imbécile.
A chaque livre, nous découvrons avec horreur un homme imprimé à mort par les imprimeurs, édité à mort par les éditeurs, lu à mort par les lecteurs.
Je cours sans cesse derrière moi-même ! Vous pouvez imaginer ce que c'est que de s'ouvrir soi-même comme un livre et d'être obligé d'y découvrir des tas de fautes d'impression, l'une après l'autre, les coquilles qui fourmillent.
Amitié, quel mot lépreux! Chaque jour, et jusqu'à l'écoeurement, les gens l'ont à la bouche, et il est complètement déprécié, au moins aussi déprécié que le mot amour, mortellement piétiné.
Nous connaissons en fait presque uniquement des gens défigurés par la nature et donc par leur malheur qui se sont résignés, et de très rares seulement dont nous pouvons dire que leur malheur les a conduits au triomphe, au triomphe de l'esprit...
Nous ne devons pas nous livrer totalement à l'infirme, capituler devant l'infirme, nous devons nous affirmer face à lui, même si nous devons nous réfugier dans l'abjection.
Le psychiatre est le plus incompétent des médecins, et il est toujours plus près du crime sadique que de la science.
Je ne me supporte pas moi-même, et, moins encore, une meute de gens comme moi.
Les mourants rentrent la tête dans les épaules et ne veulent plus rien avoir à faire avec les vivants, qui ne songent pas à la mort.
Quand nous écoutons les guides, nous entendons tout de même toujours le bavardage sur l'art qui nous tape sur les nerfs, l'insupportable bavardage sur l'art des historiens d'art ...
C'est seulement lorsque nous nous sommes rendu compte, à chaque fois, que le tout et la perfection n'existent pas, que nous avons la possibilité de continuer à vivre.
Les hommes que nous voyons sont des victimes de l'Etat, et l'humanité que nous voyons n'est rien d'autre que la mangeaille de l'Etat, donnée à manger à l'Etat qui devient de plus en plus glouton.
L'humanité est un gigantesque Etat qui, soyons sincères, à chaque réveil nous donne la nausée.

Œuvres de Thomas Bernhard

Béton (1982)Des arbres à abattre (1987)Extinction (1986)Gel (1962)L'Origine: Simple indication (1981)La Cave (1976)Le Neveu de Wittgenstein (1982)Le froid (1984)Le naufragé (1983)Le souffle (1980)Les Mange-pas-cher (1980)Maîtres anciens (1985)Mes prix littéraires (2010)Oui (1980)Perturbation (1967)Un enfant (1982)