Œuvre

Gel (1962)

La jeunesse est un défaut... Mais le défaut de l'âge, c'est de voir les défauts de la jeunesse.
Les femmes se font aussi une idée tout à fait fausse de leur mari, on ne devrait pas se marier, tout simplement. La femme est faite pour le mariage, oui, mais pas l'homme.
Je cours sans cesse derrière moi-même ! Vous pouvez imaginer ce que c'est que de s'ouvrir soi-même comme un livre et d'être obligé d'y découvrir des tas de fautes d'impression, l'une après l'autre, les coquilles qui fourmillent.
La sensualité, cette maladie qui porte en elle le germe de la destruction. Tôt ou tard, elle dissout le meilleur de vous-même, provoque le renversement de toutes les valeurs, le bien et le mal, le proche ou le lointain, le haut et le bas.
Nos pensées s'affrontent en nous. Les unes plus agressives que les autres, dit-il. Elles concluent souvent des alliances comme le font les hommes, pour, peu après, ne pas les respecter. Être compris et vouloir être compris : une imposture. Basée sur toutes les erreurs des sexes.
Être compris et vouloir être compris : une imposture. Basée sur toutes les erreurs des sexes.
Souvent, de tout ce qu'on a voulu dire, il ne reste que ce sentiment, que c'était quelque chose de méchant.
L'art suprême consiste à voir les grandes choses comme les petites, sans cesse, simultanément, dans tous les rapports de grandeur...
C'est un crime majeur que d'engendrer un être, dont on sait qu'il sera malheureux au moins une fois dans sa vie. Le malheur, même s'il ne dure qu'un instant, c'est le malheur tout entier. Engendrer une solitude parce qu'on ne veut plus être seul, c'est criminel.
C'est un crime majeur que d'engendrer un être, dont on sait qu'il sera malheureux au moins une fois dans sa vie.
Le malheur, même s'il ne dure qu'un instant, c'est le malheur tout entier. Engendrer une solitude parce qu'on ne veut plus être seul, c'est criminel.
Chaque homme patauge sans cesse dans la profondeur d'une pensée, les uns au fond, les autres plus bas encore. Jusqu'à ce que les ténèbres leur fassent comprendre que tout est inutile.
Pour moi, il est certain que la fantaisie est une maladie. Une maladie qu'on n'attrape pas, parce qu'on l'a de naissance. Une maladie qui est responsable de tout, surtout du ridicule et de la méchanceté.
Avoir, avec les souvenirs, les mêmes relations qu'avec un être humain qu'on congédie de temps en temps pour de nouveau le reprendre dans sa maison avec plus d'amour et de force, c'est ce qui est le plus bienfaisant pour le souvenir et pour nous-mêmes.
L'adversité fait toucher le degré suprême de la folie.
La vie, c'est comme une forêt où, toujours, on découvre des poteaux indicateurs et des repères, jusqu'au moment où on n'en rencontre plus. Et la forêt est infinie et la faim ne cesse qu'avec la mort.
La boue que l'on reproche aux journaux, c'est en réalité la boue de l'humanité et non celle des journaux ! Les journaux font bien de montrer, dans leur miroir, l'homme tel qu'il est, c'est-à-dire répugnant.
Toute l'existence est un éternel essai de mise en bière et d'enterrement.
La vie est un procès judiciaire : peu importe qui on est et ce qu'on fait, on perd toujours.
Notre père, qui êtes en enfer, qu'aucun nom ne soit sanctifié, qu'aucun règne ne nous arrive, qu'aucune volonté ne soit faite pas plus en enfer que sur terre. Refusez-nous notre pain quotidien et ne nous pardonnez pas nos offenses comme nous ne pardonnons pas à ceux qui nous ont offensés. Amen.
L'homme, c'est l'enfer idéal pour les hommes.
Où il y a un médecin, beaucoup de gens doivent mourir.
L'incompréhensible, en fait, c'est la vie. Rien d'autre. Et qui parfois, prend forme en des êtres humains, et s'élance dans les airs comme des volées d'oiseaux, pour tout obscurcir.
L'incompréhensible c'est le miracle. Le monde insondable est celui des miracles et de la magie, alors que celui qu'on comprend n'est qu'étonnant, sans plus. Avancer dans le domaine de la connaissance, c'est s'éloigner du merveilleux.
Avancer dans le domaine de la connaissance, c'est s'éloigner du merveilleux.