Contempler ou observer, lorsque l'objet de cette contemplation ou de cette observation ne sait pas qu'il est contemplé ou observé, est l'une des plus grandes jouissances.
Auteur
Thomas Bernhard
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Penser signifie échouer, ai-je pensé. Agir signifie échouer. Mais naturellement nous n'agissons pas pour échouer, de même que nous ne pensons pas pour échouer, ai-je pensé.
Les soi-disant gens simples ont, comme je l'ai dit, une bonne oreille pour le ton faux, pour l'usage mensonger de la langue.
Les funérailles ne sont jamais qu'une comédie.
L'art d'exagérer est, à mon sens, un art de surmonter, de surmonter l'existence.
La meilleur méthode pour se délivrer de l'oeuvre d'un écrivain qui, sous quelque rapport que ce soit, ne vous laisse pas en paix, soit qu'on la tienne dans la plus haute estime, soit qu'on la déteste, c'est de faire connaissance de son auteur.
L'une des plus grandes absurdités humaines : le lycée.
J'ai toujours dérangé et j'ai toujours irrité. Tout ce que j'écris, ce que je fais est dérangeant, irritant. Ma vie entière en tant qu'existence n'est rien autre qu'une volonté constante de déranger et irriter. En attirant l'attention sur des faits qui dérangent et irritent.
Tout ce qui est communiqué ne peut être autre chose qu'altération et falsification, on n'a donc jamais communiqué que des choses altérées et falsifiées. La volonté d'être véridique est, comme tout autre chemin, le plus rapide pour fausser et falsifier une situation.
La guerre est la poésie de l'homme avec laquelle, toute sa vie, il demande attention et soulagement.
Passer sous silence n'est pas mensonge.
L'incompétence règne dans toutes les relations et, avec le temps, elle produit très naturellement l'indifférence.
Entre la haine et l'admiration presque tous les hommes se détruisent.
Ainsi, chacun, peu importe ce qu'il est, peu importe absolument ce qu'il fait, est sans cesse renvoyé à lui-même, il est un cauchemar seulement alimenté par lui-même.
J'ai l'impression d'exister comme sourcier à l'intérieur de ma propre tête.
Nous nous reconnaissons en tout être humain, peu importe qui il est et nous sommes condamnés à être chacun de ces êtres humains, tant que nous existons.
Maintes fois, tous nous relevons tous la tête en croyant qu'il nous faut dire la vérité ou la vérité apparente et nous la rentrons dans les épaules. C'est tout.
Un malade est un voyant, personne d'autre n'aperçoit plus clairement l'image du monde.
L'artiste, l'écrivain en particulier, qui ne va pas de temps en temps dans un hôpital, donc ne va pas dans un de ces districts de la pensée, décisifs pour sa vie, nécessaires à son existence, se perd avec le temps dans l'insignifiance parce qu'il s'empêtre dans les choses superficielles.
Les médecins élèvent des remparts, ils dressent entre les malades et eux la muraille de l'incertitude, incertitude qui, si elle n'existe pas naturellement, est quand même artificiellement créée.
Très peu de médecins reconnaissent qu'ils ne savent presque rien et qu'ils ne peuvent également presque rien faire.
À regarder de près, notre vie entière n'a rien été qu'une éphéméride miteuse portant la date des cérémonies, finalement complètement effeuillée.
Il n'avait jamais eu de chez-lui car son chez-lui n'avait toujours été que sa pensée.
Nous cédons souvent, nous abandonnons souvent la partie pour notre confort.
La vie n'est rien que l'exécution d'une peine, me dis-je en moi-même, il faut que tu supportes l'exécution de cette peine. À perpétuité. La vie est un établissement pénitentiaire avec très peu de liberté de mouvement. Les espérances se révèlent un faux raisonnement.
Œuvres de Thomas Bernhard
Béton (1982)Des arbres à abattre (1987)Extinction (1986)Gel (1962)L'Origine: Simple indication (1981)La Cave (1976)Le Neveu de Wittgenstein (1982)Le froid (1984)Le naufragé (1983)Le souffle (1980)Les Mange-pas-cher (1980)Maîtres anciens (1985)Mes prix littéraires (2010)Oui (1980)Perturbation (1967)Un enfant (1982)